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"Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder": les propos d'Emmanuel Macron font un tollé

Le chef de l'Etat a assumé sa stratégie pour lutter contre le Covid-19. Il veut que toute la population soit vaccinée et n'hésitera pas à "emmerder les non-vaccinés". Des propos diffusés mardi soir dans le Parisien en plein débat sur le pass vaccinal à l'Assemblée nationale.

La petite phrase a fait l’effet d’un choc. Lors d’un entretien au Parisien diffusé mardi soir, le président de la République a assumé vouloir "emmerder les non-vaccinés". "Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout. C'est ça, la stratégie" explique le chef de l'Etat.

Des propos qui ont fait vivement réagir les députés présents à l'Assemblée nationale mardi soir pour l'examen du projet de loi du gouvernement "renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire".

"Emmerder les non-vaccinés", une drôle de priorité du président de la République selon Julien Aubert, député Les Républicains du Vaucluse.

“Vous avez un président de la République qui se dit voilà, mon objectif de politique, c’est de prendre une partie de la population et de passer mon temps à leur pourrir la vie, que ce sont des sous-citoyens et il estime que l’Etat doit être utilisé pour les harceler, les emmerder. Ça donne froid dans le dos”, estime-t-il.

Selon lui, le président doit s'excuser auprès des millions de Français qu'il a insultés. Ces propos sont indignes de la fonction présidentielle pour Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. "Insulter des millions de Français tout simplement parce qu’ils ne veulent pas se voir injecter un produit expérimental dans le corps, c’est tellement minable. Ce n’est vraiment pas la fonction du président. D’abord au nom de quoi un homme peut pourrir la vie de millions de Français ? Je ne sais pas si on réalise la gravité de ces paroles et leur immaturité", insiste-t-il.

Divisions même au sein de la majorité?

Selon le président de la République, il faut forcer une petite minorité réfractaire à se faire vacciner "en l'emmerdant" selon ses propres mots. Le président se trompe de stratégie pour Fabien Roussel, député communiste et candidat à l'élection présidentielle.

"Ceux qui ne sont pas vaccinés ne sont pas tous complotistes, ils ne sont pas tous irréductibles. Le ministre de la Santé l’a dit lui-même. Donc il faut faire des efforts pour aller leur parler, les convaincre, être bienveillant. Et là, le président de la République casse tout", juge-t-il.

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Pas de mépris, pas de volonté de diviser, le président a parlé à bâtons rompus: il a tout simplement dévoilé sa stratégie vaccinale que tout le monde connaît déjà, selon Roland Lescure, député LREM.

"Il n’insulte personne. Il dit d’une certaine manière tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Pour combattre ce virus, il n’y a qu’une solution, c’est de vacciner. Donc contraindre les 8% qui ne sont toujours pas vaccinés pour libérer les 92% autres, c’est sa stratégie. Je pense que j’aurais pu tenir exactement les mêmes termes lors d’une conversation à bâtons rompus", assure-t-il.

Des propos du président qui divisent pourtant même au sein de la majorité. Le député Hugues Renson a tweeté: "Une nation unie suppose un peuple rassemblé".

En dehors de l'hémycicle aussi, les propos du chef de l'Etat ne sont pas passés inaperçus. Dans un communiqué intitulé "on ne parle pas comme cela des Français" publié sur Twitter, Christiane Taubira a estimé que les propos sont "choquants et violents". "Il n'y a pas de Français qui ne sont rien dans notre République", ajoute-t-elle.

Pour la candidate à la présidentielle 2022, Marine Le Pen, avec ces mots, Emmanuel Macron "s'obstine à la diviser et assume vouloir faire des non-vaccinés des citoyens de seconde zone. Emmanuel Macron est indigne de sa fonction", estime-t-elle.

Autre candidat à la présidentielle, Eric Zemmour a estimé sur Twitter que le président de la République fait preuve de cynisme et de cruauté. "Ce n'est pas seulement la déclaration cynique d'un politicien qui veut exister dans la campagne présidentielle. C'est la cruauté avouée, assumée, qui parade devant des Français méprisés", appuie-t-il.

Romain Poisot avec Guillaume Descours