RMC

Nitrites dans le jambon: "Ça tue ! Baisser les doses ne suffit pas" clame le député Richard Ramos

Député du Loiret (Modem), Richard Ramos se bat pour l’interdiction des nitrites dans la charcuterie. Un rapport de l’Anses, qui sera dévoilé ce mardi, confirme un lien entre les nitrites et le cancer colorectal.

"Le jambon tue". C’est le combat de Richard Ramos, député du Loiret (Modem), depuis plusieurs années. Et dans un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), qui sera dévoilé ce mardi, un lien est confirmé entre la présence de nitrites et de nitrates dans la charcuterie et le risque de développer un cancer colorectal. "Ça tue, le nitrite dans la charcuterie. Baisser les doses, ça n’est pas suffisant", explique Richard Ramos dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story.

Rendant hommage au généticien Axel Khan, qui soutenait ce combat, le député du Loiret plaide pour l’interdiction des nitrites dans la charcuterie. "Dans les supermarchés aujourd’hui, il y a des millions de tranches de jambon sans nitrites, souligne Richard Ramos. Tous les industriels, toute la grande distribution, ont une gamme sans nitrite. Il y a des millions de tranches qui se mangent, sans retour de salmonelle ou de listeria. Dire que si on ne met pas de nitrites, c’est le retour de la salmonelle et de la listeria, c’est du pipeau ! Dans le rayon, et c’est mieux que trois rats dans un laboratoire, des millions de tranches se mangent sans nitrite. Toute la véritable charcuterie corse, toute la charcuterie de Parme, c’est sans nitrites. Et il n’y a jamais eu de mort."

"Pourquoi ils veulent mettre des nitrites pour certains ?, interroge Richard Ramos. Ils sont venus le dire au parlement, c’est pour faire deux gammes. Une gamme sans nitrites, pour les bobos. Ça vaut 2 centimes en plus la tranche en coût de fabrication, mais c’est vendu 40 centimes de plus. Et une gamme avec nitrites pour les pauvres, qui ont le droit de crever !" Et le député rejette l’argument de la difficulté à fabriquer des jambons sans nitrites: "Plein de petits charcutiers font du sans nitrites. J’en ai répertorié plus de 400 en France. Donc ce n’est pas vrai, les petits savent le faire".

"Effectivement, pour les grands consommateurs de charcuterie, il peut y avoir un effet délétère sur la santé"

Du côté des industriels, on souhaite éviter l’interdiction générale des nitrites. "Nous sommes extrêmement choqués qu’on puisse s’exprimer aujourd’hui sur des extraits de rapports, de soi-disant rapports, indique Fabien Castanier, délégué général de la FICT (Fédération française des industriels charcutiers traiteurs), sur RMC. Le rapport est censé être publié demain matin (mardi), donc nous n’en avons pas connaissance. Selon les extraits qui ont été publiés dans les médias, il n’est aucunement fait mention d’une interdiction. (…) Nous avons déjà diminué de 40% les seuls maximum de nitrites qui sont autorisés dans la charcuterie. Avec le Danemark, la France est le pays européen où le niveau maximum de nitrites est le plus bas. Nous continuons d’espérer que les débats sur ce sujet pourront s’appuyer sur la science. Et que ça ne soit pas basé sur des déclarations."

Et les industriels reconnaissent des risques, mais seulement si on mange trop de charcuterie. "A mes filles, je donne du jambon avec nitrites", assure Fabien Castanier en réponse à Richard Ramos, qui lui rappelle: "Votre association a reconnu que ça tuait, par votre président à l’Assemblée nationale". "Il a dit que la charcuterie, quand elle est consommée en excès, comme tout aliment qui existe, peut avoir des effets néfastes sur la santé, admet le délégué général de la FICT. Effectivement, pour les grands consommateurs, les consommateurs excessifs de charcuterie, il peut y avoir un effet délétère sur la santé. C’est pour cela qu’on fait une recommandation de consommation raisonnable de charcuterie."

LP