RMC

Obligation vaccinale des soignants: vers des perturbations à l'hôpital de Montélimar

À partir de demain, les soignants ne pourront plus travailler s'ils n'ont pas reçu au moins une dose de vaccin. A Montélimar des opérations sont déprogrammées.

Mercredi marque l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale des soignants. Doit-on s'attendre à des hôpitaux désorganisés? La très grande majorité des personnels est vaccinée. Au 7 septembre, selon Santé Publique France, 88.1% d'entre eux avaient reçu une injection et 84.1% disposaient d'un schéma vaccinal complet.

Selon Philippe Martinez, "si 5 ou 10 % du personnel des hôpitaux s’en va, c’est une catastrophe sanitaire". La CGT appelle à manifester contre l'obligation vaccinale mardi.

"Ca rajoute un petit stress"

Mais la minorité de personnels non-vaccinés conduit à des perturbations, exemple à l'hôpital de Montélimar, qui va devoir déprogrammer des opérations à partir de mercredi. Plusieurs médecins réanimateurs ne sont pas vaccinés, sur le parvis de l'hôpital, Lise n'est pas sereine.

"Je suis enceinte, mais apparemment des anesthésistes ne sont pas vaccinés ce qui peut poser problème pour une pose de péridurale. Ca rajoute un petit stress on va dire. J'ai un peu du mal à comprendre le fait de mettre entre guillemets 'la vie des patients'".

"Oui c'est un danger pour les patients, mais c'est du fait du manque de moyens matériels et humain"

Car ces médecins qui ne travailleront plus à partir de demain... vont désorganiser l'hôpital. Explications du docteur Henri Osman, président de la commission médicale d'établissement.

"Il y a pratiquement quatre salles qui ne vont pas pouvoir tourner normalement. Sur une semaine ça fait 150 interventions qui vont être reportées".

>> A LIRE AUSSI - Soignants non-vaccinés: "Si ce petit nombre déstabilise les hôpitaux, ça prouve que le système va mal"

Ces reports, il faut les imputer au passage en force du gouvernement sur l'obligation vaccinale, selon Elsa Ruillière de la CGT de l'hôpital de Montélimar.

"Ca n'a rien à voir avec le choix du personnel. Ca a à voir avec l'obligation. Oui, c'est un danger pour les patients, mais c'est du fait du manque de moyens matériels et humains. Mais pas de la non-vaccination du personnel."

La direction de l'hôpital va demander aux praticiens de choisir les patients, dont l'opération pourra être reportée d'une à trois semaines.

>>> A LIRE AUSSI - Des doutes sur l'efficacité du vaccin Janssen?

Martin Cadoret et Gwenaël Windrestin (avec J.A)