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Soignants non-vaccinés: "Si ce petit nombre déstabilise les hôpitaux, ça prouve que le système va mal"

Si une si petite frange de non-vaccinés peut causer autant de dégâts à l'hôpital, c'est parce que celui-ci est déjà exsangue, assure le médecin Jérôme Marty lors des "Grandes Gueules" de RMC.

Dès mercredi, l'obligation vaccinale pour les soignants entre en vigueur dans tous les hôpitaux de France. Et elle pose déjà des problèmes. A l'hôpital de Montélimar, la minorité de soignants non-vaccinés conduit à des perturbations et des opérations doivent déjà être déprogrammées.

La très grande majorité des personnels est pourtant vaccinée. Au 7 septembre, selon Santé Publique France, 88,1% d'entre eux avaient reçu une injection et 84,1% disposaient d'un schéma vaccinal complet.

Des chiffres que dément le médecin des "Grandes Gueules", Jérôme Marty réfute: "Il y a quelques soignants qui vont nous dire demain, s’ils sont vaccinés ou pas. Comme on est sur une frange qui est faible, entre 1 et 3% de salariés qui ne sont pas vaccinés, il manque toujours deux salariés sur lesquelles on n’a pas la réponse", explique-t-il sur RMC ce mardi.

"Ce chiffre de 12%, il est relativement faux"

"Ce chiffre de 12%, il est relativement faux. L’enquête que j’ai pu faire et les retours de la fédération hospitalière privée, on a plutôt un chiffre entre 1 et 3% sur les soignants, en excluant le personnel administratif", assure-t-il.

Mais cette toute petite frange suffit à faire dysfonctionner des hôpitaux déjà exsangues, même avant la pandémie de Covid-19: "Ce qui est important c’est cette déstabilisation du système. Si 1 à 3% arrivent à déstabiliser le système, c’est qu’il va mal. On est à flux tendu depuis le début du Covid-19. On a l’épuisement dû à la pandémie, des gens en arrêts de travail et cette obligation vaccinale et des soignants qui ne sont pas vaccinés".

Pour pouvoir continuer à travailler, les soignants doivent se présenter ce mercredi en ayant au moins débuté leur schéma vaccinal. Dans le cas contraire, ils seront mis en suspension d’activité : ils n’auront pas de perception de salaire mais resteront reliés à l’établissement sans pouvoir aller travailler ailleurs.

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Guillaume Dussourt