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"On ne sait pas d'où ça vient": inquiétude en Moselle où plus de 300 cas de variants ont été détectés

Ce jeudi soir, le ministre de la Santé a annoncé lors d'un point de presse des chiffres alarmants concernant les variants du virus. Le variant britannique représente aujourd'hui 20 à 25% des nouveaux cas selon lui.

Les variants brésiliens et sud-africains progressent. Selon les dernières analyses des autorités sanitaires, ces deux variants représenteraient 5% des nouvelles contaminations.

Olivier Véran s'est montré alarmiste sur les variants. Première cause d'inquiétude: l'avancée rapide du variant britannique. Selon Olivier Véran, cette souche représente déjà un quart des nouveaux cas de Covid en France.

La principale angoisse concerne les variants sud-africains et brésiliens

Certes, ils ne concernent pour l'instant que 5% des cas détectés dans le pays, mais un département inquiète particulièrement l'exécutif: la Moselle.

300 cas de ces variants y sont déjà diagnostiqués. Dans ce département, les cas sont repérés un peu partout, ce qui complique la tâche des autorités car on ne sait pas comment les variants se sont propagés. Des établissements scolaires sont touchés, plusieurs écoles ont dû fermer. 

Il est donc urgent d'agir. "Cette situation doit être prise à bras le corps" lance un membre de l'entourage d'Olivier Véran. Des discussions ont lieu avec les élus locaux mais pour l'instant aucune nouvelle mesure de restriction n'a été prise. 

Alors forcément, en Moselle, depuis le début de semaine, l'inquiétude gagne sérieusement à la fois les élus et les professionnels de santé. Le docteur Alain Prochasson sent la menace monter. Pas dans son cabinet, pas encore, il ne voit pas plus de patients covid pour le moment.

"On sent que ça chauffe encore une fois"

Ce qui l'inquiète, ce sont les résultats des tests transmis par les laboratoires ces derniers jours: "Les tests PCR qui sont fait ces derniers jours, montrent que sur le total des positifs, 40% seraient liés au variant sud-africain".

Et face à ces chiffres, les professionnels de santé, comme lui, semblent impuissants: "Le problème, c’est qu’on ne sait pas à quoi s’est dû. On est un peu dans l’expectative parce qu’on voit les taux qui augmentent et on ne sait pas d’où ça vient. On sent que ça chauffe encore une fois".

Alors, à l'hôpital de Metz, on se prépare. Des opérations non urgentes ont été déprogrammées à nouveau, un service de pré-réanimation est mis en place. Certains soignants s'inquiètent de prendre une nouvelle fois la marée.

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Pour éviter d'en arriver là, le maire de Metz, François Grosdidier demande de nouvelles mesures au gouvernement: "Il nous faut un confinement fort, limité dans l’espace et dans le temps mais qui soit un vrai coup de frein. Des secteurs sont plus touchés que d’autres donc il faut des mesures appropriées".

Selon lui, c'est surtout l'agglomération de Metz et même une partie du nord de la Meurthe-et-Moselle voisine, qui doivent être reconfinées.

Sur RMC, Ludovic Mendes, député LREM de Moselle, confie avoir "été pris de court, les chiffres ont explosé en début de semaine. Presque 40% des tests positifs [ont été] déclarés avec des variants étrangers. Ça a explosé dans les 24-48heures.

Mais, lui, veut "éviter" le confinement: "Rajouter un confinement sera encore plus compliqué pour la population. On espère trouver des solutions pour absolument éviter le confinement, comme mettre la Moselle en priorité vaccinale le plus vite possible". Avant de prévenir: "Si on laisse les variants se propager, on aura un pic la semaine prochaine".

Romain Cluzel et Martin Bourdin (avec C.P.)