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Pas de "prime Covid-19" pour certains soignants: les larmes et la colère d'Alissia, aide-soignante, sur RMC

Cette aide-soignante mobilisée depuis le 11 avril dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus ne rentre pas dans les critères du gouvernement pour toucher la prime des soignants.

C’est un sentiment d’abandon qui touche Alissia Lohéac, aide-soignante. En effet, elle n’a pas touché la prime promise aux soignants mobilisés pendant la crise du coronavirus. Pour la toucher, il fallait remplir un certain nombre de critères. Par exemple, seuls les personnels soignants des 40 départements les plus touchés sont concernés par la prime de 1500 euros. Pour les autres départements, c’est plutôt de l’ordre de 500 euros. Et les patients venus en renfort sont éligibles, mais sous conditions : 1500 euros s’ils étaient présents du 1er mars au 30 avril, la moitié s’ils ont raté deux semaines et il n’y on pas le droit s’ils ont raté un mois ou plus. 

Alissia Lohéac, elle, a été mobilisée du 11 avril jusqu’à fin juin. 

“Je suis en colère parce que je suis venu en renfort et en fin de compte depuis le déconfinement on est complètement oublié. Par exemple, je n’ai aucune prise en charge pour mes aller-retour jusqu’à Thonon, pareil pour rentrer chez moi à Montpellier. En plus, la SNCF a augmenté le prix des billets donc ce n’est pas facile”, explique-t-elle. 

Surtout que si pour beaucoup, le déconfinement signe la fin de l’épidémie, elle ne le voit pas comme ça. “Il y a encore des patients en réanimation, je suis encore en contact avec le covid, je suis encore considérée comme renfort et on est totalement oublié en fin de compte par ce gouvernement et par nos directeurs. On a aucune aide. Aujourd’hui, je suis fatiguée par rapport à ça au point que j’ai fait une demande de rupture conventionnelle avec mon directeur parce que j’en ai marre”, confie-t-elle, très émue. 

"Je suis fatiguée"

Elle estime que sa profession n’a pas la reconnaissance qu’elle mérite. 

“Ce n’est pas un métier que l’on fait pour le salaire. On aime notre travail. Moi, j’ai commencé à 19 ans, aujourd’hui, j’en ai 31, je l’aime toujours autant, mais je suis fatiguée. Et ça joue même sur ma santé et sur ma vie personnelle. Et arrive un moment, c’est peut-être bête, mais je pense qu’il faut passer le relais et passer à autre chose”, indique-t-elle, précisant qu’elle n’est pas la seule aide-soignante dans cette situation. On a juste envie d’être entendu et valorisé”, affirme-t-elle. 

Elle dénonce le sous-effectif qui pousse à négliger certains patients par manque de temps. Une situation qui a fait qu’Alissia ne se reconnaissait plus dans ses valeurs d’aide-soignante.

Guillaume Descours