RMC

Privilégier le bio et le local, c'est se passer de tomates en décembre

Les Etats généraux de l'alimentation s'ouvrent ce jeudi à Paris. Véritable grenelle de l'assiette, ils vont réunir plus de 500 acteurs du secteur avec notamment un objectif: développer la part du bio et du local. Ce que fait déjà un restaurant collectif de Grenoble où s'est rendue RMC.

C'est un des objectifs des Etats généraux de l'alimentation qui s'ouvrent ce jeudi à Paris: augmenter la part du bio dans nos assiettes. Emmanuel Macron souhaite que la France devienne leader dans l'agriculture biologique. Un objectif qui passe notamment d'ici 2022, par 50% d'alimentation bio et local dans les cantines collectives. Certains n'ont pas attendu, comme à Grenoble, où un restaurant collectif au sein d'un pôle scientifique dont un tiers des plats sont issus de produits bio et locaux.

Une entrée, un plat, un dessert. Chaque jour Jean-Luc Paglia le chef du restaurant collectif propose un menu complet réalisé à base de produits bio et locaux, comme cette soupe tomates/courgettes... "Elle est faite avec du lait bio, du fromage blanc battu bio et les tomates et courgettes sont bio. Et tout cela vient d'une laiterie de la montagne près d'ici". Pour les consommateurs, bio ou pas, le repas ici coûte en moyenne entre 5 et 7 euros. Mais, au palet, Thierry a senti la différence. "Au niveau du goût on voit la différence, que ce soit au niveau des fruits ou du fromage. C'est vraiment une bonne solution".

"Ça crée un appel d'air énorme pour la production agricole"

30% des plats proposés ici sont issus de la filière bio et produits à moins de 100km. Alors, forcément ça implique de suivre les saisons, comme l'explique Jean-François Grayel, responsable de la restauration sur le site. "L'intérêt de proposer des produits biologiques locaux, c'est de respecter la saisonnalité, mais aussi de favoriser les approvisionnements en circuits courts, de proximité. On comprend donc qu'à Grenoble, on ne peut pas avoir de tomates au mois de décembre".

Et les agriculteurs s'y retrouvent aussi. Vincent Rozé, paysan-producteur de fromages et de pain et président de la plateforme MangerBioIsère, qui met en relations producteur et restaurants collectifs assure avoir des taux de croissance d'activité cette année "de l'ordre de 40%". "Ça crée un appel d'air énorme pour la production agricole. A nous de nous prendre en main et d'apprendre ce nouveau métier qui est celui de la distribution et de la livraison sur les différents lieux". Pas question de s'arrêter en si bon chemin. Une nouvelle charte d'approvisionnement dans ce restaurant du pôle scientifique de Grenoble sera signée à la rentrée pour augmenter encore la part du bio et du local dans les menus.

P. G. avec Gwenaël Windrestin