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A la SNCF, les militants CGT toujours mobilisés: "On n'est pas des privilégiés"

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L'avenir du projet d'accord sur le temps de travail est suspendu à la décision de la CGT de signer ou non le texte finalisé mardi. Sur le terrain, des cheminots CGT veulent poursuivre le mouvement malgré les concessions de la SNCF et rester mobilisés contre la loi Travail.

La SNCF entre dans son huitième jour de grève consécutif mercredi pour défendre le régime des cheminots. Une grève reconduite malgré des négociations marathon qui ont duré 19 heures jusqu'à très tôt mardi matin sur le projet d'accord portant sur le temps de travail des cheminot. La CFDT a décidé de signer le projet d'accord, SUD-Rail et FO-cheminot vont s'y opposer.

La CGT a décidé de consulter ses assemblées générales avant de se prononcer mais parmi les militants mobilisés, certains veulent poursuivre le mouvement. Pour eux, l'accord d'entreprise n'est toujours pas satisfaisant malgré des concessions de la SNCF notamment sur les temps de repos. Pour Damien, cheminot à Versailles et syndiqué à la CGT, cette opposition n'est pas un caprice.

"On n'est pas des privilégiés. Je travaille en 3-8, je travaille weekends, jours fériés, qu'il pleuve qu'il neige, qu'il vente je suis dehors. Je gagne 1.400 euros par mois", se justifie-t-il.

"On fait grève pour les usagers aussi"

Pour chaque jour de grève, ce cheminot perd 70 euros de salaire mais ne veut pas entendre parler du projet d'accord d'entreprise négocié. Les cheminots réclament un accord global qui s'appliquerait à toute la branche et pas seulement à la SNCF en prévision de l'ouverture à la concurrence du rail. Ils sont également mobilisés contre la loi Travail.

"Quand on entend des usagers nous dire, 'vous faites encore grève', on le fait pour eux aussi. Bien sûr qu'on est aussi concernés par la loi Travail et qu'on se bat pour les gens qui ne peuvent pas se mobiliser, qui ne peuvent pas se mettre en grève. On ira jusqu'au bout, on lâchera rien", lance Damien. 

La grève dernier moyen de pression

Pour lui comme pour Romain Pitlet, responsable CGT de la garde d'Austerlitz, il n'est pas question de céder. "C'est toujours une histoire de chantage, signez ça, sinon vous aurez pire. On ne nous enfermera pas dans l'accord d'entreprise. Les cheminots ne veulent pas pour eux des conditions de travail qui pourraient être au niveau de ce qu'ils avaient avant, dans un désastre social pour les autres salariés du pays", explique-t-il. Ce représentant syndical n'a pas vraiment dirigé l'appel à cesser la grève du Président Hollande.

"Il faut certes savoir arrêter une grève, à condition que toutes les revendications soient satisfaites. Je crains qu'aujourd'hui les derniers jusqu'au-boutistes pour l'instant soient les membres du gouvernement."

A deux jours du début de l'Euro de football, ces cheminots ne veulent pas arrêter la grève, dernier moyen de pression pour obtenir un accord à la SNCF et le retrait de la loi Travail.

Carole Blanchard avec Marion Dubreuil