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"Des usages qui n’ont aucun sens": faut-il réguler les vols en jet privé?

L'utilisation de jets privés va-t-elle être prochainement régulée? C'est la volonté du ministre des Transports, Clément Beaune, qui a assuré dans une interview au Parisien ce week-end que des discussions auraient lieu dès la rentrée.

Depuis plusieurs semaines, une polémique enfle autour des déplacements en jets privés de célébrités, pointées du doigt pour leur bilan carbone. Plusieurs comptes Twitter relayant ces trajets ont été créés par des internautes.

Ce week-end, le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, a évoqué dans une interview au Parisien, plusieurs pistes pour limiter le recours aux avions privés pour les particuliers et les entreprises. L'idée de Clément Beaune est de ne pas donner un "sentiment de deux poids, deux mesures" alors que le gouvernement devrait demander aux Français de faire des efforts dans les prochains mois. Le ministre assure que le dossier sera abordé dès la rentrée dans le cadre des discussions sur le plan sobriété.

Pourtant, pour Isabelle Clerc, directrice générale de la société de location de jets privés Aéroaffaires, réguler tous les vols en jet privé, c'est méconnaître le secteur.

“C’est la seule aviation qui est en mesure de transporter d’un point à un autre très spécifique du matériel médical. Les chefs d’entreprise qui nous utilisent ne sont absolument pas des personnes qui font ça pour dépenser l’argent de leur entreprise pour le plaisir. Tous les chefs d’entreprises qu’on a au quotidien sont des personnes qui utilisent une à deux fois maximum par an ce moyen-là comme dernière alternative”, appuie-t-elle.

Une empreinte carbone énorme

Mais pour Julien Rivoire, porte-parole de l'association Attac France, ce genre de mesures est indispensable dans un contexte de lutte contre le dérèglement climatique.

“Un vol privé a une empreinte carbone par passager cinq à quatorze fois supérieur aux vols commerciaux et 50 fois supérieur aux trains. Ce sont des usages qui n’ont aucun sens au profit d’une ultra-minorité de millionnaires et de milliardaires alors que nous avons une nécessité d’efforts de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre”, affirme-t-il.

Selon Le Parisien, les pistes étudiées vont de l'incitation à la réglementation, voire la taxation, ou l'obligation par les entreprises de rendre publics leurs déplacements en avion privé.

La rédaction de RMC