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Grèves dans les transports: "La dernière fois que la SNCF a été réquisitionnée, c'était en 1940"

La menace du gouvernement de réquisitionner les transports pour acheminer les supporters au Stade de France a fait réagir ce vendredi sur RMC Bruno Poncet, du syndicat SUD-rail. Pour lui, le gouvernement cherche à rendre les grévistes impopulaires et rapproche cette menace des réquisitions sous l'occupation.

Le secrétaire d'Etat aux transports Alain Vidalies l'a promis, "nous allons assurer l'acheminement" des supporters de foot vers le Stade de France. Une promesse qui passe par la menace de réquisitions alors que des perturbations dues à la grève sont attendues sur le RER B et D qui desservent le Stade de France. Pour Bruno Poncet, membre du bureau fédéral SUD-rail, le gouvernement n'a pas à en passer par là.

"Hier soir, j'ai vu qu'il allait y avoir un train toutes les six ou dix minutes. Ca va quand même rouler correctement donc ils n'ont pas besoin de réquisitionner des conducteurs", estime-t-il.

Jeudi, le directeur de la SNCF Transilien a en effet précisé que sur la ligne B du RER, un train partira toutes les six minutes de la gare du Nord. Sur la ligne D, les trains partiront toutes les dix minutes de Châtelet. 

Une menace pour rendre "plus impopulaires" les grévistes

Pour Bruno Poncet, il s'agit donc simplement d'une menace destinée à décrédibiliser les grévistes. "C'est pour nous rendre encore plus impopulaires auprès des Français et j'ai l'impression que ça fonctionne de mieux en mieux", constate-t-il. Mais selon lui, le gouvernement ne pourra pas mettre à exécution les réquisitions qui donneraient par ailleurs un mauvais signal.

"Ils ont droit de réquisitionner des conducteurs que si la sécurité de l'état est engagée. La dernière fois que la SNCF a été réquisitionnée, je vous rappelle que c'est en 1940. Ce n'est quand même pas comparable avec un Euro de football", affirme-t-il. 

Alors que les grévistes de la SNCF entament leur dixième jour de mobilisation consécutif, le syndicaliste de SUD-rail aimerait que les négociations puissent reprendre autour des conditions de travail des cheminots et de la loi Travail. "On n'arrive même pas à avoir un entretien avec Alain Vidalies quand on lui demande. On attend que ça, que l'entreprise et le gouvernement nous rappellent à la table et écoutent nos revendications."

Carole Blanchard