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SNCF: "J'ai subi l'enfer au Bataclan, ça n'a rien à voir avec une grève où vous êtes bondés dans un wagon"

Bruno Poncet, membre du bureau fédéral SUD-rail mobilisé dans le cadre de la grève à la SNCF a dénoncé jeudi dans les Grandes Gueules les éléments de langage visant les grévistes. Pour lui qui a vécu "l'enfer du Bataclan", les grévistes n'ont rien à voir avec "des preneurs d'otages".

Les salariés de la SNCF sont en grève pour la neuvième journée consécutive ce jeudi. Les syndicats ne veulent pas faiblir le mouvement et sont parfois accusés par les politiques ou les usagers de "prendre en otage" les passagers. Bruno Poncet dont le syndicat SUD-rail a décidé de poursuivre la grève déplore ce vocabulaire qu'il ne peut s'empêcher de rapprocher de l'attaque du Bataclan qu'il a lui-même vécu le 13 novembre.

"J'étais au Bataclan. J'ai subi l'enfer dans ce Bataclan avec 1.500 personnes. Je peux parler en mon nom et au nom des gens qui étaient là-bas. Quand vous entendez 'preneur d'otages', moi je sais ce que c'est. C'est quelqu'un qui a une kalachnikov, qui tire sur les autres, qui prend les gens en otage en menaçant pour obtenir quelque chose (...). Ca n'a rien à voir avec une grève où vous êtes bondés dans un wagon", lance-t-il.

Il explique être régulièrement attaqué sur Twitter avec ces éléments de langage et tient à faire une mise au point.

"Aujourd'hui, je ne vois personne qui est empêché de faire quoi que ce soit de sa vie. Nous on ne force personne et tous les gens quand ils peuvent, ils rentrent chez eux". 

Le "chantage" du gouvernement

A la veille du lancement de l'Euro de football en France, le gouvernement est responsable selon lui de la poursuite du mouvement social. Vendredi, les conducteurs du RER D, la ligne qui permet de rejoindre le Stade de France seront en grève. "Vous n'embêtez ni Valls, ni Vidalies, ni Hollande, il prend pas le RER. Vous embêtez surtout le supporter qui a pris sa place il y a longtemps au Stade de France et qui peut-être ne pourra pas aller voir le match", lui fait remarquer Olivier Truchot.

Bruno Poncet dénonce ce "chantage" du gouvernement qui selon lui a pris ses précautions pour que les trains circulent quand même sur le RER D au détriment des autres lignes. "On a formé des cadres à ces lignes là, on a formé des conducteurs d'ailleurs. Les trains vont rouler avec des personnes qui n'étaient pas prévues pour les conduire. Par contre, les autres lignes en France n'intéresseront personne. Ca n'intéressera pas beaucoup Monsieur Valls ou Monsieur Hollande."

Carole Blanchard avec les Grandes Gueules