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Loi travail: "Passer un texte en plein mois d’août donne l’impression de passer en force"

Reçu mardi par le président de la République pour une première concertation sur la loi travail, Jean-Claude Mailly était l’invité de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi. L’occasion pour le secrétaire général de Force ouvrière de faire le point sur la nature des échanges qu’il a eu avec Emmanuel Macron.

Mardi, Emmanuel Macron a reçu les partenaires sociaux, afin d’engager une consultation au sujet de la loi travail. Objectif? Maintenir un dialogue tout au long de la mise en place de cette réforme, déjà contestée par l’opposition. Invité dans Bourdin Direct ce mercredi, Jean-Claude Mailly, secrétaire général FO, a expliqué la stratégie que lui a énoncé le président. 

"Le président nous a expliqué qu’il tenait à faire les ordonnances et qu’il voulait aller assez vite. Il souhaite que le premier projet de loi d’habilitation soit au mois de juillet à l’Assemblée nationale. Après, nous avons échangé sur la fin des discussions à propos de cette réforme, qui pourrait avoir lieu au mois d’août. Je lui ai dit, que passer un texte en plein mois d’août, ce n’est pas bon signe. A chaque fois que ça a été fait, le texte était mauvais et il n’y avait pas eu assez d'échange. Ça donne l’impression de passer en force et ça réduit la concertation qui ne va pas s’arrêter au projet de loi. J’ai donc plaidé pour que ce soit étendu, courant septembre. Je pense que la réforme sera bouclée à l’automne".

Le secrétaire général de Force ouvrière a expliqué avoir affirmé au président, sa volonté de voir conserver les échanges entre les branches professionnelles et l’entreprise. "Pour l’instant, dans les points qui me troublent, je me demande comment on va articuler les niveaux de négociation entre la branche et l’entreprise. Dans une branche - métallurgie, chimie, n’importe laquelle - les syndicats et le patronat, s’ils se mettent d’accord, peuvent très bien choisir ce qu’ils souhaitent sur le temps de travail, les salaires et autre. Il y a six thèmes obligatoires au niveau de la branche qui ne semblent pas remis en cause. J'ai dit au président que nous tenions à les conserver. Certains préfèrent des négociations au sein même de l’entreprise et je pense que c’est une erreur. Même le bureau international du travail considère que trop décentraliser les négociations remet en cause la liberté. Si demain il n’y avait plus de branche, se serait un vrai problème".

Bourdin Direct avec A.B.