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Malgré 100.000 euros de travaux, un passage piéton crée la zizanie chez les automobilistes à Lyon

"EN PRISE DIRECTE" - La grogne monte chez les automobilistes qui empruntent cet axe.

Un passage piéton crée, depuis la rentrée, la zizanie chez les automobilistes lyonnais. Situé au milieu d’un carrefour, boulevard de Stalingrad, en face de l’entrée du parc de la Tête d’Or, il condamne une voie de circulation pour les voitures. 

C’est la métropole écologiste de la ville qui l’a mis en place. Coût de l'opération: 100.000 euros.

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Au volant, et à l’arrêt, Eric, se désespère déjà. 

“C’est ça tous les matins. C’est la catastrophe tous les jours. Ça bouche ici, tout le monde se percute au bout de la rue pour tout ça pour faire un terre-plein en face qui n’y était pas avant et qui ne sert pas à grand-chose. Moi j’habite ici depuis plus de deux ans et demi, et tout allait bien jusque-là”, explique-t-il.

Quelques voitures derrière, il y a Corinne, en mode combat, dans les bouchons, chaque mètre de pris est une victoire. “C’est la guerre et tous les matins, c’est comme ça. C’est Paris quoi. On met beaucoup de temps pour faire même pas 500 mètres quoi. Là ça fait 10 minutes que j’attends à un feu rouge”, détaille-t-elle.

Ce carrefour, qui fait passer les voitures de 3 à 2 voies pour permettre le passage piéton, Damien a de plus en plus de mal à le passer, et il le sent. “Ils font tout pour qu’on lâche la voiture”, estime-t-il.

Trop mal desservi

Julien aimerait bien lâcher sa voiture, mais aujourd’hui, les transports en commun relient mal son trajet domicile-travail, il n’y trouve pas son compte. “Il y a certes des bus qui y vont, mais ils sont encore trop longs pour le trajet quotidien. Là, en voiture, quand ça roule, je suis en 20 minutes au travail et avec le bus, c’est plus de 45 minutes”, affirme-t-il.

Mais pour Sylvain, d’ordinaire cycliste qui avance en voiture, à la vitesse d’un piéton, c’est la manière de faire des écologistes qui pose problème.

"Il n’y a que le choc qui peut générer le changement. En revanche sur les travaux qui sont faits, là, ça manque de concertation. Je pense qu’il faut plus de consultations pour arriver à un changement radical mais intelligent”, appuie-t-il.

Les seuls heureux, rencontrés, sont les joggeurs, qui partent courir, au parc juste à côté, traverser en toute sécurité, nous souffle l’un d’eux, ça vaut bien 100 000 euros de travaux.

Martin Bourdin et Alfred Aurenche avec Guillaume Descours