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Retards dans les transports d’Île-de-France: "On ne voit pas trop la sortie du tunnel, c’est déprimant"

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L’application Citymapper a dévoilé lundi dans Le Parisien le classement des lignes les plus perturbées en Île-de-France au mois d’octobre. Champion pour cette fois: le RER E. Si les indicateurs utilisés ne sont pas officiels, le ressenti des usagers est lui bien réel, comme l’explique Marc Pélissier, président de l’association des usagers des transports pour l’Île-de-France (AUT-IDF).

Marc Pélissier, président de l’AUT-IDF:

"C’est intéressant d’avoir cette source-là, une source différente des indicateurs officiels. C’est vrai que sur un mois, ce n’est pas forcément représentatif. Le RER E a eu des problèmes en octobre certes, mais il marche à peu près correctement par rapport aux autres RER. Ce qui me parait intéressant surtout, c’est la prise en compte dans ces chiffres de la durée des perturbations. L’indicateur officiel prend en compte les retards de plus de 5 min, mais ne prend pas en compte la gravité… S’il y a cinq ou trente minutes, c’est compté pareil.

Pour nous ces applications sont utiles, parfois plus efficaces que les applications officielles. Est-ce que pour autant c’est City Mapper qui doit faire les indicateurs de régularité? Peut-être pas. Mais ça donne une autre approche. Valérie Pécresse avait évoqué ça dans sa campagne électorale, d’essayer d’avoir des indicateurs qui reflètent davantage le ressenti des usagers. 

"Dans le RER, il y a une compétition entre les lignes dans les difficultés"

Le métro a aussi des problème mais les lignes se remettent assez vite des difficultés. Elles sont plus courtes, il y a des correspondances fréquentes. Sur les RER, je dois avouer qu’il y a une certaine compétition entre les lignes, dans le mauvais sens du terme. Les indicateurs officiels disent quand même que les lignes A et D sont les plus basses, en terme de ponctualité. Elles sont vraiment en grande difficulté. La branche Cergy a un indicateur officiel autour de 70%, ce qui est très bas, puisque l’objectif est de 94%. La ligne B, qui s’était un peu améliorée, a tendance à rechuter ces derniers temps.

Les gens connaissent les difficultés. On nous dit souvent qu’en cas de rendez-vous important on essaie de prendre un train ou deux avant. Et malgré tout on peut quand même être en retard. C’est ça le plus difficile à vivre. Et puis aussi, et ça n’apparaît pas bien dans les indicateurs, dont celui de City Mapper, quand vous commencez à avoir des perturbations sur des lignes chargées, vous ne pouvez plus monter tout simplement, vous laissez passer les trains. Et ça les indicateurs ne savent pas le pendre en compte. Donc ça vient aggraver le retard même quand le trafic reprend.

"A quand la fin des problèmes? Il y a des lignes où on peut vraiment se poser la question"

Aujourd’hui, ils mettent en avant les plans de renouvellement des trains. Bon. C’est positif mais ce sera de longue haleine. Au-delà de ça, ils mettent en avant le fait qu’on n’a pas assez entretenu les réseau pendant trente ans. On s’en rend compte maintenant et ce sera long à corriger. Et pour le moment, ça se traduit par des difficultés supplémentaires. En ce moment, il y a un train sur deux dans le RER C à cause des travaux. Il faut les faire ces travaux, mais en même temps il y a des impacts très lourd. Donc on ne voit pas trop la sortie du tunnel à court terme. C’est assez déprimant.

Les applications, les réseaux sociaux, ça permet des partages d’information et de ressentis. Après, nous, ce n’est pas notre but de faire de l’info trafic. A quand la fin des problèmes? Il y a des lignes où on peut vraiment se poser la question. A contrario, il y en a d’autres comme le RER H, au nord de Paris, qui ont des chiffres de régulation qui atteignent l’objectif. Ça montre que ce n’est pas forcément impossible si on s’en donne les moyens. Pour nous, il n’y a pas de fatalité à ce que la situation soit aussi mauvaise. Malheureusement, c’est pas pour demain".

Propos recueillis par Antoine Maes