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Trop chers, trop longs... la SNCF renonce aux gigantesques travaux de la Gare du Nord

La SNCF a annoncé mardi soir qu'elle renonçait au gigantesque et controversé projet de transformation de la Gare du Nord à Paris conçu avec Ceetrus.

Ce devait être un chantier titanesque qui devait tripler la surface de la Gare du Nord. Elle serait ainsi devenue la première gare d'Europe, en prévision des Jeux olympiques de 2024. On a appris mardi soir que le projet tombait à l'eau. Il était devenu trop cher. Facturé désormais à 1,5 milliards d'euros, soit trois fois le montant initialement prévu.

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Ce chantier pharaonique était censé faire sortir de terre, des bureaux, des commerces, et même une salle de spectacle pour 2024. Problème, en juillet dernier, la SNCF est avertie, les travaux ont pris "un retard considérable". L'inauguration du nouveau terminal Eurostar pour 2023 et du terminal des départs prévu pour 2024, n'aurait pas vu le jour avant 2025. Trop tard pour la SNCF, qui a mis fin au projet.

Dans un communiqué, elle annonce la déchéance du concessionnaire Ceetrus, en charge des travaux, et promet, sans plus de précision "une adaptation rapide de la Gare aux enjeux" de la Coupe du monde de rugby en 2023 et des Jeux olympiques de 2024.

La SNCF soutenue par le gouvernement

Sur RMC ce mercredi matin, le ministre des Transport est revenu sur la situation du chantier. Le gouvernement a demandé à la SNCF de préparer un projet "beaucoup plus réduit" pour la gare du Nord, autour de 50 millions d'euros, a annoncé Jean-Baptiste Djebbari.

“On a demandé à la SNCF de préparer un projet beaucoup plus réduit, dans une dimension de l'ordre de 50 millions d'euros, pour faire des aménagements et répondre aux enjeux de 2023 et 2024", a précisé mercredi le ministre.

"Le projet initial était de 600 millions d'euros et a glissé vers 1,5 milliards, et qui s'est décalé de deux à trois ans dans le calendrier. C'est la chronique d'un projet qui s'est mal déroulé sur le plan technique", a regretté le ministre sur RMC. "Il est abandonné en l'état. La SCNF a indiqué son intention de prononcer la déchéance du contrat", et elle est "soutenue par le gouvernement", a souligné Jean-Baptiste Djebbari.

Alfred Aurenche avec AFP