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Victime d'une usurpation d'identité, un retraité de l'Isère doit payer une amende... en Belgique

Claudio, 79 ans, a reçu une amende pour stationnement interdit, dressée à Bruges (Belgique). Pourtant, le retraité n'y est jamais allé et peut justifier ce jour-là d'achats effectués près de chez lui, à 800 kilomètres de la ville belge. Mais rien n'y fait, la police belge lui a envoyé des relances.

Claudio, 79 ans, est un retraité passionné de randonnées, qui mène une vie paisible avec son épouse à Moirans, en Isère. Mais fin février, il reçoit un courrier de la police de Bruges, en Belgique, à 867 kilomètrees de chez lui. Une contravention de 67 euros pour stationnement interdit. Sauf que Claudio n’est jamais allé en Belgique.

"Quand j'ai ouvert l'enveloppe, j'ai cru que c'était un canular, j'ai failli la jeter à la poubelle. Nous n'avons jamais mis les pieds en Belgique ni à Bruges. On mène une vie tranquille et d'un coup, patatras. C'est quelqu'un qui a commis l'infraction et c'est un autre qui vient payer. C'est absurde", explique-t-il à RMC.

Nombreux justificatifs

C'est pourtant bien son nom et son numéro d’immatriculation qui apparaissent sur le PV. Claudio file donc au commissariat et porte plainte pour usurpation de plaque. En parallèle, il conteste l’amende auprès des autorités belges. Mais depuis, il a reçu deux courriers de relance et le montant de la contravention est passé à 140 euros!

Pourtant, Claudio est formel: ce jour-là, il était bien à Moirans. Il a utilisé sa voiture pour faire les courses, a retiré de l’argent au distributeur et il s’est même offert un ordinateur. Pour tous ses achats, il a des justificatifs qu’il a transmis aux autorités.

"C'est une vraie amende"

RMC a contacté la police de Bruges, qui confirme l’infraction routière. "J'ai vérifié chez les collègues et c'est une vraie amende. Alors on ne comprend pas pourquoi il dit qu'il n'était pas là. Peut-être que quelqu'un d'autre a utilisé sa voiture, je ne sais pas", assure à RMC une policière belge.

La policière nous a transmis le PV original écrit en néerlandais. Et c’est en traduisant le document que nous avons trouvé la faille. L’agent de police qui a constaté l’infraction a noté que la plaque d’immatriculation était italienne. Or, celle de Claudio est française.

Nous avons transmis toutes ces informations à Claudio, ainsi qu’au parquet du roi de Flandres Occidentale.

L'usurpation de plaques d'immatriculation, une pratique courante

En fait, l'usurpation de plaques d'immatriculation est une pratique assez courante. C'est un délit en hausse de plus de 50% ces dix dernières années. En cas d'usurpation, il y a une marche à suivre pour les victimes. "Il faut changer de carte grise", explique Matthieu Lesage, avocat spécialiste du droit routier.

"Il faut aller sur le site de l'ANTS avec la copie de la plainte que l'on a faite au commissariat et changer sa carte grise, et ça se fait gratuitement. Par contre, il faut aussi changer ses plaques d'immatriculation et ça, c'est payant", ajoute l'avocat.

Quant à Claudio, grâce à notre enquête, il ne devrait pas avoir besoin de plaider sa cause, en flamand, devant le tribunal de Bruges.

Amélie Rosique, Joanna Chabas et Elise Denjean