RMC

UberPOP interdit à Nantes: "Ça peut vite dégénérer"

La préfecture de Loire-Atlantique a annoncé mardi l'interdiction de l'activité de transports UberPOP, un service qui met en relation des particuliers avec des chauffeurs amateurs utilisant leurs propres véhicules.

Les chauffeurs Uber doivent-ils craindre pour leur sécurité? Un conducteur de VTC a été pris à partie par des taxis à Marseille lundi. Le même jour, à Nantes, deux chauffeurs ont porté plainte contre des taxis qui auraient crevé les pneus de leur voiture et rayé leur carrosserie. Depuis les taxis marseillais et nantais ont fini par obtenir gain de cause ce mardi. Ainsi, 24h après la mise en place du service dans leur ville, les préfectures des deux villes ont publié un arrêté pour interdire le service UberPOP.

Malgré l’interdiction, la société californienne assure que ses chauffeurs continueront à rouler à Nantes. Yohan, lui, préfère ne pas prendre le risque comme il l'explique à RMC: "J'ai la peur au ventre de reprendre ma voiture. Quand on voit ce qu'il s'est passé dans la journée avec les taxis qui ont poursuivi les collègues, honnêtement, moi je n'ai pas envie de travailler, de me faire abîmer ma voiture… Il est hors de question que je continue de travailler dans la peur".

"Ils peuvent péter les plombs"

En pratique, les taxis pourront dès le 18 juin dénoncer les chauffeurs UberPOP via un numéro de téléphone que la préfecture de Loire Atlantique va mettre en place. Mais Christian, chauffeur de taxi, ne compte pas se contenter d'un simple coup de fil. "Il faudrait pouvoir les bloquer à plusieurs pour pouvoir les arrêter, que la police ait le temps d'arriver. Ce n'est pas évident à faire mais bon… En réalité, ce sera à nous de faire peur, de faire la justice avant la police. Ça peut vite dégénérer…"

"Ça se comprend aussi, estime Gilles, lui aussi chauffeur de taxi à Nantes. On a des collègues qui travaillent 6/7j et 15 heures par jour pour payer le RSI et à côté de cela vous avez quelqu'un qui passe à côté de vous, qui fait le même métier et on ne lui demande rien… Au bout d'un moment, ils peuvent péter les plombs. Cela se comprend, c'est humain…" En théorie, les chauffeurs Uber risquent 15 000 euros d’amende et un retrait de leur véhicule pendant un an.

Maxime Ricard avec Amandine Dubiez