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UberPOP interdit dans le Nord: "Je ne comprends pas que le préfet se couche devant les taxis"

Le préfet du Nord a interdit le service UberPOP ce mercredi

Le préfet du Nord a interdit le service UberPOP ce mercredi - AFP

REPORTAGE - Le préfet du département du Nord a interdit par arrêté le service controversé UberPOP de la société de VTC Uber, qui représente une "concurrence déloyale vis-à-vis des taxis et véhicules de transport avec chauffeur" (VTC), a annoncé mercredi la préfecture. Une décision qui fait débat à Lille.

Une victoire pour les taxis. Le préfet du Nord a interdit, ce mercredi, par arrêté le service UberPOP. La préfecture estime en effet que ce service représente une "concurrence déloyale vis-à-vis des taxis et véhicules de transport avec chauffeur". Conséquence, "l'activité de transport de personnes par le recours aux applications de type UberPOP" pour une durée de quatre mois. Une décision qui provoque la colère des chauffeurs rencontrés par RMC.

Concerné au premier chef, Antoine, 47 ans, dont le salaire n'est pas suffisant pour boucler ses fins de mois. Alors ce Lillois est chauffeur pour UberPOP depuis un mois. "C'est un complément de salaire. Cela varie entre 350 et 500 euros par semaine", assure-t-il. C'est pourquoi, il va continuer à prendre des clients: "Je ne comprends pas que le préfet se couche devant les taxis donc je continue malgré le risque de me faire contrôler".

"Uber soutiendra ses chauffeurs"

Quelques heures après l'entrée en vigueur de l'arrêté préfectoral, ils sont encore nombreux comme Antoine à circuler dans les rues lilloises. C'est le cas de Yann: "Je continue parce que je ne comprends pas tout à fait le fait que ça soit illicite. Je suis tout à fait serein par rapport à ça". Que ferait-il en cas d'amende? "De toute façon, on sera soutenu par Uber, dit-il un sourire en coin. Car il n'y a pas de loi qui interdit UberPOP".

Alexandre Molla, directeur général pour l’expansion du groupe Uber en France, déplore cette décision préfectorale dont il compte contester la légitimité. "Aujourd'hui le service UberPOP doit continuer à Lille. Il n'a été interdit par aucune décision de justice et, peu importe les suites, Uber soutiendra en toutes circonstances ses chauffeurs", affirme-t-il.

"Je suis fier du préfet du Nord"

Pour autant cet arrêté préfectoral fait des heureux: les taxis. Pour Bruno Lambrecht, chauffeur de taxi à Lille, il s'agit même d'une victoire: "Cela va nous permettre de retrouver notre clientèle perdue. Mais on est surtout contents parce que l'ensemble des services (préfecture, procureur et autres) ont compris que, par ce type d'application, c'était notre activité qui était en danger".

Kader, chauffeur de taxi à Lille depuis 17 ans, est lui aussi très satisfait: "C'est une petite victoire. On n'a pas gagné la guerre mais une bataille, se réjouit-il. Aujourd'hui, je suis fier du préfet du Nord qui a pris la bonne décision et je suis heureux que les politiques aient pris conscience de la gravité de la chose. Car UberPOP non seulement menace mais détruit. On voudrait donc que tous les préfets de France prennent exemple sur celui du Nord".

M.Ricard avec B.Ballet et G.Chièze