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Uniforme, lever de drapeau,… au cours Saint-Exupéry, "on délivre un service d'intégration"

Au cours Saint-Exupéry, le port de l'uniforme est obligatoire (illustration)

Au cours Saint-Exupéry, le port de l'uniforme est obligatoire (illustration) - ERIC FEFERBERG / AFP

REPORTAGE - Le cours Saint-Exupéry à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) est la dernière école ouverte par la fondation Espérance Banlieues. Plus de sévérité, meilleur respect entre les élèves et les professeurs, médaille aux élèves les plus méritants…Bienvenue à l'école de demain.

Ce lundi, RMC dévoile en exclusivité un sondage "Vous voulez que ça bouge" sur l'Education Nationale, réalisé en partenariat avec le cabinet d'études Elabe en avril 2016. Le but de cette étude: soumettre 10 propositions de réforme de l'Education nationale aux Français interrogés et leur demander s'ils y sont totalement, plutôt, moyennement ou pas du tout favorables. Et parmi ces propositions, 58% des personnes interrogées se disent favorables à un retour de l'uniforme à l'école.

"Pas de jalousie"

C'est déjà le cas au cours Saint Exupéry d'Asnières (Hauts-de-Seine), une école privée hors contrat ouverte depuis septembre 2015. Ici, les 53 élèves, du CP à la cinquième, hissent le drapeau tricolore, chantent la Marseillaise et participent à la vie de l'école et les plus méritants sont récompensés par une médaille. Dans cet établissement, tous les élèves portent donc aussi un uniforme: un pull bordeaux pour les filles, vert pour les garçons, avec le logo de l'école et un polo blanc.

"Au début ça me gênait un peu de devoir le porter mais maintenant j'aime beaucoup l'uniforme, confie Sofia, 11 ans. Cela nous permet d'être égaux, d'être libres, de penser ce que l'on veut. Il n'y a pas de jalousie". En plus du port de l'uniforme, un débat a lieu une fois par semaine pour inculquer les valeurs de l'école aux enfants. Cette fois-ci le thème : "Faut-il être à la mode?"

"Mon fils est métamorphosé"

Et c'est au tour de Yasmine, 10 ans, de répondre: "Ceux qui s'habillent à la mode se croient meilleurs que ceux qui n'en ont pas les moyens. Ici nous portons tous un uniforme pour qu'il n'y ait pas de tensions entre nous". Les élèves doivent aussi participer aux tâches ménagères. Un cadre éducatif dont avait fortement besoin le fils: "L'année dernière, il était en échec scolaire, explique ce père de famille. Depuis, mon fils est métamorphosé. Dès qu'il enfile l'uniforme, c'est un élève".

Au total, l'établissement compte six enseignants pour 53 élèves. Un luxe comme le reconnaît le directeur Patrick Bergot: "Ce projet d'école n'est pas uniquement fait pour délivrer un service éducatif mais il est aussi là pour délivrer un service d'intégration. Leur tenue, leur civilité s'améliorent de manière très significative au fil des mois". Avec des frais de scolarité de 75 euros par mois, les demandes pour intégrer l'école explosent. L'an prochain, le cours Saint-Exupéry devrait ainsi accueillir deux fois plus d'élèves qu'aujourd'hui et, comme à Asnières, une quinzaine d'écoles du genre devraient ouvrir leurs portes à la rentrée prochaine dans plusieurs grandes villes de France.

M.R avec Anaïs Bouitcha