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"Convois de la liberté": "Il va falloir que toute cette violence rentrée chez les Français s’exprime", selon le sénateur Loïc Hervé

La mobilisation des "Convois de la liberté" aura finalement été moins importante qu'attendue. Les forces de l'ordre mobilisées en nombre ont réussi à contenir les manifestants ce week-end à Paris. Pourtant, selon le sénateur de Haute-Savoie, Loïc Hervé (Union centriste), la colère gronde dans le pays et elle finira par s'exprimer.

Il était craint un blocage de Paris. Un retour quelques années en arrière avec la crise des “gilets jaunes” qui, tous les week-ends, amenait son flot de manifestations dans les rues de la capitale. Pourtant, malgré la grogne sociale, le "Convoi de la liberté" n’a pas eu la résonance attendue. Le dispositif policier, très conséquent puisque 7.500 fonctionnaires de police avaient été mobilisés, a empêché les blocages et l’installation des convois au sein de la capitale.

Finalement, une partie des convois anti-pass sanitaire a continué sa route, arrivant dimanche soir près de Lille. Ce lundi, les autorités belges ont bloqué une trentaine de véhicules qui s'apprêtaient à converger vers Bruxelles dans le cadre des convois dits de "la liberté", a annoncé lundi le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close.

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"Je suis très inquiet d’abord pour l'élection présidentielle"

Alors avec ce demi-échec des convois de la liberté, peut-on dire que les Français ont perdu le goût de la révolte? Ce n’est en tout cas pas l’opinion du sénateur de Haute-Savoie, Loïc Hervé. 

“Prenez les sondages de l’élection présidentielle et faites l’addition des personnes qui au premier tour envisagent de voter pour un candidat contestataire. On est dans une période aujourd'hui où les contraintes de liberté sont extrêmement fortes. Les capacités de réunions sont limitées. La violence, elle est rentrée, chez les Français, et à un moment donné, il va falloir que toute cette violence rentrée, s’exprime. Moi, je suis très inquiet d’abord pour l'élection présidentielle, avant même les mouvements sociaux”, explique-t-il au micro d’”Estelle midi” sur RMC et RMC Story.

Il reste persuadé que les questions économiques et sociales peuvent encore et toujours rassembler les Français et les faire se mobiliser. Mais pour Pierre Rondeau, les Français ne se battent plus pour des questions de groupe. Aujourd’hui, c’est l’intérêt personnel qui prime.

“Aujourd’hui, j’ai malheureusement le sentiment qu’il y a une montée de l’individualisme, une montée du chacun pour soi, une montée d’un sentiment personnel, égoïste et anti-solidarité. La conscience de groupe a disparu. Maintenant, les gens ne pensent plus au groupe, ils pensent d’abord à eux et c’est d’abord pour leurs propres intérêts. Aujourd’hui, on ne se bat plus pour le groupe, pour le pouvoir d’achat, pour le partage des richesses, c’est terminé”, assure-t-il.

Guillaume Descours