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De la réalité virtuelle pour rendre les vaches plus productives?

Même les vaches deviennent connectées. Dans certains pays, on commence même à les équiper de casques de réalité virtuelle, pour augmenter leur production de lait.

La réalité virtuelle peut-elle vraiment rendre les vaches plus productives? On savait que certains éleveurs diffusent de la musique classique à leurs animaux pour les apaiser et améliorer leur production. C’est un peu le même principe, mais à la sauce high-tech.

Plusieurs expérimentations ont été réalisées en Turquie ou encore en Russie, dont les images ont été diffusées (voir ci-dessus), avec des vaches équipées de casques de réalité virtuelle, comme ceux qu’on utilise pour les jeux vidéo et qui permettent de se téléporter dans un monde virtuel mais évidemment adaptées à leur taille et à l’écartement de leurs yeux. On diffuse dans le casque des images d’un champ immense sous un beau soleil d’été. D’immenses pâturages verdoyants qui vont tromper le cerveau de l’animal.

Parce que les vaches, comme les êtres humains, ont le moral en berne au cœur de l’hiver. L'objectif est de réduire l’anxiété et le stress des animaux d’élevage, ce qui améliorerait la quantité et la qualité du lait produit ! Sur les vaches cobayes, la production quotidienne serait passée de 22 à 27 litres par jour… Ce ne serait donc pas juste du gadget. En Russie, le ministère de l’Agriculture de Moscou estime que ça pourrait constituer une solution durable aux problèmes de production laitière que connaît la région.

Des questions éthiques

Après ça pose évidemment des questions éthiques. Est-ce que c’est de la maltraitance animale ? Ou est-ce qu’au contraire cet univers virtuel, sorte de Matrix bovin, est meilleur qu’une exploitation en élevage intensif même si le bonheur de l’animal est virtuel ?

Les "progrès" technologiques ne s’arrête pas aux casques: certaines vaches sont même capables d’envoyer des SMS à leur éleveur. Elles ne les tapent pas (encore) elles-mêmes, mais elles sont désormais capables de communiquer avec leur éleveur.

Des capteurs électroniques peuvent être placés par exemple dans les colliers qu’on met au cou des vaches ou bien qu’on leur fait ingérer, et qui vont récolter plein de données physiologiques et de les envoyer directement vers le smartphone de l’éleveur pour voir si elles se sentent bien et si elles sont en bonne santé.

Un SMS à l'éleveur pour le vêlage

Ils vont analyser par exemple la vitesse à laquelle la vache rumine, ce qui peut détecter en amont des troubles de l’alimentation qui peuvent ensuite avoir un impact sur la production de lait. Ses déplacements et son activité dans le champ, un peu comme les bracelets connectés qu’on utilise pour le sport -si elle reste couchée longtemps, elle a peut-être un problème.

Des capteurs de température aussi, qui vont permettre de détecter certains problèmes de santé mais aussi mesurer très précisément le moment du vêlage. Et le capteur va envoyer un SMS à l’éleveur quand elle est sur le point de mettre bas. Un premier, 48h avant, et un deuxième juste avant le vêlage ce qui va éviter à l’agriculteur de se lever plusieurs fois dans la nuit.

Tout ça ça peut sembler très gadget, mais ce sont des outils très précieux pour les agriculteurs: gains de temps, de productivité, moins de mortalité dans les troupeaux.

Un Tinder des vaches pour favoriser la reproduction

Ca s’appelle trouverlebontaureau.com. Un site internet et une application mobile qui permettent à un éleveur de trouver le compagnon de reproduction idéal pour ses vaches.

Les codes sont exactement les mêmes que ceux des sites de rencontre traditionnels. On entre l’âge, la race, ce qu’on recherche aussi -est-ce que vous voulez créer des veaux de boucherie ou des vaches laitières. Les taureaux ont leur profil, comme sur les sites de rencontre : une photo qui les met en valeur sous toutes les coutures, leurs mensurations, leur généalogie et un petit paragraphe censé séduire l’agriculteur.

Hilius par exemple, un très bel Aubrac, "cumule plusieurs qualités : une morphologie et un excellent bassin". Exon, un blond d’aquitaine "alliance de la performance et du style". Uranium, "un modèle de finesse blonde" ou encore Favars, un Charolais avec, "du muscle partout et des super facilités de naissance".

Une fois le choix réalisé, malheureusement pas de rencontre réelle. L’éleveur reçoit la semence du taureau en question pour une insémination artificielle. Ca peut prêter à rire mais c’est très sérieux, ce genre d’outils technologiques vont permettre aux éleveurs d’optimiser leur troupeau, de faire naître des animaux qui sont plus performants en termes de lait, de vêlage ou encore de développement musculaire.

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Anthony Morel (édité par J.A)