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Covid-19: pourquoi la tension se cristallise autour des restrictions dans les bars et les restaurants ?

Le torchon brûle entre le gouvernement et les restaurateurs. Ces derniers dénoncent l'acharnement dont ils se disent victimes dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19.

La sanction est tombée. Une semaine après Marseille, les bars parisiens vont devoir fermer tandis que les restaurants vont être soumis à de nouvelles règles sanitaires strictes alors que la capitale et les départements de petite couronne viennent d'être placés en zone d'alerte maximale comme les Bouches-du-Rhône et la Guadeloupe.

Conséquence de cette nouvelle règle en zone d'alerte maximale, les restaurateurs marseillais vont pouvoir rouvrir sous réserve de respecter les nouvelles mesures sanitaires: "La fermeture auparavant des bars ne reposait donc pas sur des critères sanitaires, c'était une mesure politique pour nous réveiller visiblement. Et maintenant pour Paris, ça tombe bien, on peut retourner au restaurant. Quand vous faites tomber le rideau vous obligez les gens à une sorte de confinement social", croit savoir Barbara Lefebvre sur RMC.

Le gouvernement n'avait pas vraiment le choix. Après une décision qui a fait couler beaucoup d'encre à Marseille où les élus locaux ont dénoncé une injustice, l'exécutif se devait d'appliquer les mêmes règles à Paris. Et il a finalement opté pour une ouverture partielle pour tous de peur de voir la gronde des restaurateurs s'étendre. Mais cette décision ne convainc pas les professionnels du secteur.

"Si l'on voulait vraiment combattre les transmissions, on fermerait les universités"

"On est le vilain petit canard de la France, car on n'a pas les moyens de mettre la pression ! On se fout de notre gueule", déplore sur RMC Alexandre, restaurateur. Plusieurs d'entre eux ont déjà manifesté à Marseille et Paris après avoir été déjà gravement touché par la crise notamment pendant les 2 mois de confinement. Plus récemment, c'est le chef étoilé Philippe Etchebest qui s'est affiché comme porte-parole des professionnels du secteur: "On est en train de nous achever. On est montré du doigt alors que globalement on a rien fait de mal. Ce n'est pas plus dangereux d'aller au restaurants que de prendre le bus", avait-il dénoncé sur RMC.

Car beaucoup ne comprennent pas pourquoi les restaurants semblent dans le viseur du gouvernement: "On a la liste des endroits où se propagent le Covid. C'est les écoles, le lieu de travail et la famille. C'est clair. On voit bien que si l'on voulait vraiment combattre les transmissions, on fermerait les universités", dénonce Etienne Liebig sur le plateau des "Grandes Gueules". De son côté, le gouvernement avait évoqué un risque de contamination "trois à quatre fois plus élevé" dans les restaurants et les cafés qu'ailleurs, en s'appuyant notamment sur plusieurs études américaines. "Depuis le début du Covid, toutes les études sont à chier ! On ne plus se fonder sur ça", conclu Etienne Liebig.

À partir de mardi dans tous les restaurants parisiens, des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis, du gel hydroalcoolique doit être à disposition sur toutes les tables et non plus seulement à l'intérieur des établissements. Un mètre de distance "entre les chaises" des différents groupes de convives doit être maintenu et ceux-ci doivent conserver leur masque en attendant leur plat.

Guillaume Dussourt