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"J'ai pris une rouste phénoménale": le "kiosquier de Barbès", explique pourquoi il a décidé de fermer sa boutique

Agressé devant son kiosque mi-mai, le commerçant a décidé de stopper son activité. Il dénonce une insécurité croissante dans ce quartier où il travaille depuis 12 ans.

Il a décidé d’arrêter pour de bon. Samir Lebcher kiosquier emblématique du quartier de Barbès dans le 18e arrondissement a décidé de fermer boutique une bonne fois pour toute après avoir été agressé le 13 mai dernier. 

"En fermant mon kiosque ce soir à Barbès, agressé par un pickpocket s’en prenant à moi en venant dans mon dos! Et s’enfuyant par la suite ! Inadmissible, impossible de travailler dans cette cacophonie!", avait-il écrit sur Twitter en postant une photo de son œil ensanglanté. 

Il explique que cela fait déjà plusieurs années qu’il alerte sur la situation dans le quartier sans que cela n’ait vraiment eu de conséquences.

"Barbès est un beau quartier, que j’aime. Si j’y ait officié pendant 12 ans, c’est bien que je l’aime. Mais il y a des points sensibles où se concentre une importante misère sociale qui induit de la contrebande de cigarette, de la vente de substituts de drogue", décrit le commerçant. 

Un quartier laissé à l'abandon

Le jour de son agression, il s’est senti obligé de réagir en voyant une de ses clientes se faire voler son sac par un pickpocket.

"J’ai subi des menaces tout l’après-midi et puis le soir en fermant, en me retournant, j’ai pris une rouste phénoménale. Ça a été la goutte qui a fait déborder le vase", explique-t-il. 

Il regrette que ce quartier, fort d’une grande diversité sociale, se soit ghettoïsé. S’il reconnaît que les forces de police sont un peu plus présente autour de son lieu de travail depuis quelques mois, il estime qu’à un moment ce quartier, connu pour être un quartier sensible, a été laissé à l’abandon par les autorités. 

Il avait déjà fermé une première fois sa boutique en septembre 2018, mais avait rouvert mois de deux mois plus tard, cette affaire de famille. En effet, il explique que c’est son père avant lui qui tenait ce kiosque depuis 1976. La fin d’une époque donc.

Guillaume Descours