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"Pas envie qu'on m'emmerde": pourquoi ça se tend entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe

L'ancien Premier ministre Edouard Philippe voulait fusionner l'aile droite de la majorité avec son nouveau parti baptisé "Horizons". Mais le président Emmanuel Macron refuse, provoquant de nouvelles tensions entre les deux.

Regain de tension entre Edouard Philippe et Emmanuel Macron ces derniers jours. Les hostilités ont été déclenchées par l'opposition du chef de l'Etat à la fusion entre le parti de l'ancien Premier ministre, Horizons, et la formation Agir, dirigée par le ministre du Commerce extérieur Franck Riester.

Edouard Philippe voulait ainsi fusionner l'aile droite de la majorité, mais le président a dit non. Si la manoeuvre peut paraître anodine, Emmanuel Macron ne veut simplement pas qu'Edouard Philippe ne prenne trop d'importance au sein de la majorité, alors que ce dernier figure parmi les personnalités politiques préférées des Français.

"Je ne demande rien, mais je n'ai pas envie qu'on m'emmerde"

Dans des confidences au quotidien L'Opinion, Edouard Philippe n'a pas caché son agacement à ce veto présidentiel.

"Je ne demande rien, mais je n'ai pas envie qu'on m'emmerde, puisque c'est un terme à la mode", a notamment lâché l'ancien chef du gouvernement, en référence à la phrase polémique du président de la République visant les non-vaccinés.

Edouard Philippe, dont la popularité depuis son départ de Matignon en juillet 2020 reste élevée, continue d'assurer sa loyauté à Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2022. Mais en vue de la bataille des législatives de juin - avec la possibilité qu'Horizons crée son propre groupe à l'Assemblée - les choses se compliquent, d'autant que se profile une potentielle ambition d'Edouard Philippe pour la prochaine présidentielle de 2027.

Un climat tendu illustré par la sortie du le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, qui a estimé ce mardi sur Franceinfo qu'Edouard Philippe se mettait le "doigt dans l'oeil" en se projetant sur la présidentielle de 2027 et a rappelé que la majorité n'avait qu'un "seul leader", Emmanuel Macron. 

L'avis des GG: "La crainte de Macron est d'être dépassé par Philippe à terme. Et peut-être même plus tôt que prévu"

Jérôme Marty (médecin généraliste): "Je pense que César s'est toujours méfié de Brutus. La crainte de Macron est d'être dépassé par Philippe à terme. Et peut-être même plus tôt que prévu. on est dans une élection qui reste fragile. Il y a une des personnalités politiques préférées des Français, il pourrait se rendre disponible très vite. Il a un parti appelé à grossir qui risque fort de phagocyter les partis auxquels il s'attache. Il n'y a pas d'amitié en politique.

Joëlle Dago-Serry (coach de vie): "Il est clairement une menace pour Emmanuel Macron. Il a une certaine crédibilité. Edouard Philippe est contrairement à Emmanuel Macron est identifié comme un homme de droite. Je le vois venir comme une sorte de frondeur si Emmanuel Macron ne met pas en place les mesures que Philippe souhaite comme les retraites..."

Mehdi Ghezzar (entrepreneur): "Je ne crois pas qu'il y ait un système de combat de coqs entre les deux. Edouard Philippe est dans les starting-blocks. Il se prépare depuis sa sortie de Matignon. Il sait qu'il sera le remplaçant naturel d'Emmanuel Macron. Quand Macron ne sera plus là, LREM va s'effondrer comme un château de cartes, c'est un CDD. Je pense que c'est un peu de la com', et Edouard Philippe est très bon en com'."

J.A.