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Pourquoi les petits Français sont-ils nuls en maths? La réponse de Sylvain Grandserre, directeur d'école

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Le niveau des élèves de CM2 en calcul a baissé entre 2007 et 2017, poursuivant une tendance amorcée trente ans plus tôt, révèle vendredi une étude de la Depp, l'agence des statistiques du ministère de l'Education.

Pourquoi les petits Français détestent-ils les maths? Selon une étude de l'agence statistique du ministère de l'Education, le niveau des élèves de CM2 en calcul a baissé entre 2007 et 2017.

Pour la GG Sylvain Grandserre, directeur d'école, les responsabilités sont partagées: "Pourquoi ça plonge? Et pourquoi pas? Donnez-moi une seule raison pour laquelle ça ne plongerait pas. En fait, c'est un jeu à trois, le ministère, les profs et les élèves avec leurs familles".

"Le ministère ne cesse de changer les programmes, n'accompagne pas les enseignants, la formation continue n'existe plus. On est sur des injonctions, des grandes déclarations dans les médias, mais sur le terrain, rien n'est suivi. Quand vous entendez un ministre annoncer quelque chose dans les médias, sur le terrain, il n'y a rien. On vous annonce le livret numérique, de nouveaux cycles, mais il n'y a rien, ça s'arrête à l'annonce. Et nous sur le terrain on essaie de comprendre ce qu'il a voulu dire", a-t-il expliqué.

"Nos salaires ne sont pas attractifs"

Et de poursuivre:

"Chez les professeurs, il y a quand même une spécificité des professeurs des écoles, c'est qu'on est sur un recrutement à 80% littéraire. Donc quand un jeune a un bac+5 en maths ou en sciences, il peut l'optimiser bien plus favorablement dans le privé que dans le public. Comme nos salaires ne sont pas attractifs, les jeunes ont tout de suite compris. Ils ne vont pas aller gagner un salaire de misère à bac+5. Donc on a des professeurs qui ont arrêté les maths à l'aube de la première. Ils sont parfois porteurs d'une phobie à l'égard des maths".

Et enfin, il n'exclut pas une responsabilité des élèves et de leurs familles qui ne sont pas assez exigeants : "Et à côté de ça, il y a l'état des troupes avec une jeunesse en difficulté, scotchée à leur tablette".

Paulina Benavente