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A quoi ressemble la nouvelle réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron?

Emmanuel Macron a dessiné les contours de sa future réforme des retraites s’il est réélu. En quoi est-elle différente de celle proposée au début de son premier mandat ?

Emmanuel Macron est bel et bien en campagne, et a rouvert le dossier controversé des retraites. La réforme qu'il propose est à la fois plus simple et plus radicale. La principale mesure, c’est le report de l’âge à partir duquel il est possible de faire valoir ses droits à la retraite: de 62 ans aujourd’hui, à 65 ans.

Il va donc beaucoup plus loin que la réforme qu'il s'apprêtait à mettre en place avant la crise sanitaire du Covid-19. A l'époque, pas question de toucher à l'âge légal. il s'agissait d'instaurer un âge pivot à 64 ans: on partait entre 62 et 64, avec une décôte ou une surcôte après.

En revanche, c'est moins audacieux sur l’unification du système: il ne s’agit plus de fondre la quarantaine de régimes spéciaux dans un système unique dans lequel un euro cotisé rapportera la même chose à tout le monde, mais de faire converger progressivement ces différents régimes pour aboutir à leur suppression.

Est-ce qu’il y a vraiment urgence à faire une réforme des retraites?

Il y a nécessité, mais pas urgence. Nécessité parce que le déficit des retraites a atteint 13 milliards en 2020, et que le retour à l’équilibre n’est pas prévu avant la première moitié des années 2030, d’après les dernières projections du Conseil d’orientation des retraites.

Il faut en outre dégager des moyens pour financer la dépendance du grand âge, rassurer nos partenaires européens sur notre sérieux budgétaire. En passant l’âge d’ouverture des droits à 65 ans, le "président candidat" compte dégager des économies sur les dépenses de pension, à hauteur de 15 milliards d’euros d’ici à 2030.

Mais il n’y a pas urgence non plus, ne serait-ce que parce que la réforme de 2014, dite Touraine, va nous forcer à travailler 6 trimestres de plus, soit un an et demi de plus. La solution la plus simple aurait sans doute été l’accélération du calendrier de la réforme Touraine.

Que proposent les autres candidats à la présidentielle?

De nombreux candidats veulent à l'inverse baisser l'âge de départ à la retraite, comme par exemple Fabien Roussel, qui plaide pour une retraite à taux plein à 60 ans. Même chose pour Nathalie Arthaud ou encore Philippe Poutou, qui prévoit même un départ à 55 ans pour les métiers pénibles.

Marine Le Pen a renoncé a revenir à l’âge légal à 60 ans, et reste finalement sur les 62 ans, comme Anne Hidalgo et Yannick Jadot. Eric Zemmour propose 64 ans. Valérie Pécresse était jusqu’à maintenant la seule à proposer 65 ans, ce n’est plus le cas.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)