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Bercy propose discrètement aux entreprises de ne pas rembourser leur PGE, le prêt garanti par l'Etat

De plus en plus d'entreprises ont des difficultés à rembourser les prêts garantis par l'État, lancés pendant la crise du Covid-19 par le gouvernement. Bercy songe à un abandon partiel des PGE, au cas par cas, selon les situations des entreprises.

C’était une mesure phare du "quoi qu’il en coûte" mis en place au printemps 2020, afin de soutenir les entreprises victimes du confinement et de l’arrêt de leur activité: le prêt garanti par l'État (PGE). Le principe: les banques prêtent aux entreprises avec la garantie de remboursement de l’Etat. Le dispositif a rencontré un succès immédiat. 700.000 entreprises ont souscrit un PGE pour presque 150 milliards d’euros.

Des difficultés de remboursement

Mais de plus en plus d’entreprises peinent à rembourser. En début d’année, leur nombre était estimé entre 25.000 et 30.000, essentiellement des commerçants, des artisans, des hôteliers. Le gouvernement a pris des mesures spécifiques: report du premier remboursement et allongement jusqu’à dix ans de la durée de durée remboursement au lieu de six ans initialement.

Mais ça c’était avant la guerre en Ukraine et la flambée des prix de l’énergie. Le nombre de défaillances bondit depuis le printemps. Aujourd’hui, selon les enquêtes de BPI France, ce sont environ 55.000 entreprises qui craignent de ne pas pouvoir rembourser leur PGE.

Aujourd’hui Bercy se dit prêt à envisager un abandon partiel de PGE uniquement dans le cas d’entreprises en restructuration, et dont la faillite causerait des problèmes financiers et sociaux importants. Bercy traiterait aujourd’hui discrètement une cinquante de dossiers concernant tous des entreprises de plus de 400 salariés. Sur le bureau du médiateur du crédit, qui traite les plus petites entreprises, il y a autour de 450 dossiers à l’étude. Au final l'Etat anticipe 4 milliards d'euros de pertes sur les PGE pour les années 2022 et 2023 sur les 150 accordés.

Emmanuel Lechypre (avec MM)