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300 milliards d'euros d'aides aux entreprises: qui peut en bénéficier et sous quelle forme?

Face au coronavirus, l'État à la rescousse des entreprises. Le président Emmanuel Macron a promis ce lundi soir une garantie des prêts bancaires accordés aux entreprises à hauteur de 300 milliards. Les explications d'Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique.

"Nous sommes en guerre", a martelé Emmanuel Macron lors de son allocution ce lundi. Guerre sanitaire évidemment mais aussi guerre économique.

Face au confinement de "15 jours au moins", les entreprises risquent donc de lourdes pertes économiques. Alors, le chef de l'État a détaillé la mise en place d'"un dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales" notamment ainsi que de "soutiens ou de report d'échéances bancaires"

"300 milliards de garanties ont été annoncé. Attention, ils ne seront pas dépensés par l’Etat. Si vous êtes une petite entreprise et que vous avez besoin de 100.000 euros de crédit, la banque sait que derrière, une autorité publique se porte garant. Elle vous prêtera donc cette somme", précise Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique.

"Vous pouvez bénéficier d’un report de facture"

Des mesures aussi pour les petites entreprises pour les soutenir "tant que la situation durera", celles qui font face à des difficultés n'auront rien à débourser, ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales", a ajouté le président.

Pour ces entreprises "les factures d'eau, de gaz, d'électricité ainsi que les loyers devront être suspendus": "Vous pouvez bénéficier d’un report de facture. Eau, gaz, électricité ou encore loyer. L’Etat va donc se substituer à vous", explique l’économiste.

Les indépendants aussi sont concernés par ces aides: "2,5 millions d’indépendants pourront bénéficier d’un fond de solidarité d’un milliard d’euros, abondé par l’Etat et les régions. On parle d’une aide de 1.500 euros si vous n’avez plus de revenu".

Des interrogations persistent

Un engagement résumé en une promesse: "Aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite", a promis le chef de l'État.

Mais malgré cet arsenal plutôt rassurant, plusieurs interrogations se posent: "L’administration sera-t-elle assez réactive, assez efficace et surtout accessible?", s’interroge Emmanuel Lechypre car selon lui, "c’est la clé du succès de cette guerre économique".

C’est aussi le remboursement, notamment celui des factures, qui reste assez flou: "Dans quel délai? A quel niveau?", se demande encore notre éditorialiste économiste. Des questions, dont les réponses ne seront probablement apportées qu’au sortir de la crise.

Bourdin Direct (avec C.P.)