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Les entreprises sont-elles en difficulté pour rembourser les prêts garantis par l'État?

Marine Le Pen s'est exprimée sur les défaillances d'entreprises à cause des difficultés de remboursement des prêts garantis par l'État. Emmanuel Lechypre a vérifié cette affirmation.

Marine Le Pen s'est inquiétée du grand nombre d'entreprises qui ferment leurs portes. "Beaucoup d'entre elles ne pourront pas rembourser les prêts garantis par l'État censés être remboursés en mai", explique la candidate RN.

C’est vrai que les chiffres peuvent paraître inquiétants. Ceux du cabinet Altarès, publiés ce mardi, montrent qu'il y eu plus de 10.000 défaillances d'entreprises au premier trimestre 2022, soit +35% en un an. Ceux de la banque de France publiés ce mecredi indiquent de leur côté une hausse des défaillances de 6,3% sur la période mars 2021-avril 2022, par rapport aux 12 mois précédents.

Un "retour à la normale"

Mais attention, il s’agit surtout d’un retour vers la normale après quasiment deux ans de mise sous cloche et sous perfusion de l’économie, durant lesquels il y a eu à la fois la fermeture des tribunaux de commerce et des aides massives aux entreprises. Avec 31.000 défaillances en France sur 12 mois, c’est encore 36% de moins qu’en 2019.  

Dans la plupart des cas, ces entreprises qui font faillite sont de jeunes entreprises tournées vers les consommateurs qui ne profitent plus des aides mises en place. C'est dans le secteur du transport et de l'entreposage que l'augmentation du nombre de cessations de paiement a été le plus rapide, car c'est le contrecoup des nombreuses créations de postes pour satisfaire les besoins de livraison pendant la crise sanitaire. Dans l’hôtellerie-restauration, il y a même presque 10% de faillites en moins que sur une année normale.

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Pas de vague de faillite à l'horizon

Par taille d'entreprises, ce sont les très petites (TPE), comptant moins de 11 salariés, qui mettent la clé sous la porte, tandis que pour les grosses PME, il y a une baisse des défaillances de presque 25%. On va vers un retour vers le rythme de croisière habituel, sans doute accéléré par l’accélération de l’inflation qui va rogner les trésoreries, particulièrement dans le BTP ou l'agriculture. Mais globalement, il n'y a pas encore de vague de faillites à l’horizon.

Quant au remboursement des PGE, il a déjà été rééchelonné sur 8 voire 10 ans et 5% seulement des entreprises craignent de ne pas pouvoir le rembourser. Seul vrai souci: le report du PGE est considéré comme une restructuration de la dette et peut compliquer les futures demandes de prêt.

Emmanuel Lechypre (édité par MM)