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"Il faut accepter de payer un peu plus cher": le message des boulangers à leurs clients

Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, le président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française envoie un message aux clients. Pour sauver les boulangeries, il faut accepter une hausse des prix.

La baguette va coûter plus cher. C’est une obligation pour que les boulangers puissent passer la crise cet hiver, face à l’explosion des coûts des matières premières et de l’énergie. Et les clients doivent l’accepter pour sauver leurs commerces de proximité, selon Dominique Anract, boulanger et président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française.

"La farine, c’est 30%. La levure, 70%. Les salaires ont aussi pris 8% cette année. Et l’énergie va doubler, explique-t-il dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story. On préconise d’avoir entre 3 et 5% d’augmentation. Le prix de la baguette, en moyenne, est de 0,93 euro. Là, ça pourrait passer à 0,98€. La tradition est un peu plus chère, on est aux alentours de 1,10-1,20 euro. Chaque boulanger fait vraiment son prix par rapport à ses charges. Il peut y voir 5 à 10 centimes d’augmentation."

"C’est sûr que ça ne sera pas la meilleure année"

Les boulangers comptent sur la compréhension des consommateurs. "Les boulangers voient les clients tous les jours, ils ont beaucoup de mal à passer cette augmentation, assure Dominique Anract. D’une manière générale, les clients comprennent que derrière ce produit, il y a des hommes, du matériel, des matières premières, des coûts d’énergie qui explosent. Mais si deux ou trois clients sur 300-400 par jour disent que c’est fini, ils sont découragés. Quelquefois, c’est un coup de colère, une vexation, alors que la majorité silencieuse accepte d’avoir cette augmentation."

"C’est un message aux consommateurs: si vous voulez garder votre boulangerie dans votre village, dans votre quartier, il faut accepter de payer un peu plus cher la baguette", ajoute le président de la Confédération nationale.

En augmentant leurs prix et en touchant les aides de l’Etat, les boulangers vont pouvoir résister selon Dominique Anract. "On a eu une aide supplémentaire sur l’énergie avec ce guichet unique, on a quand même des aides importantes par rapport aux autres pays d’Europe. L’énergie va doubler, certes. Mais la seule solution, c’est que le gouvernement nous aide, que le consommateur puisse payer un peu, et que le boulanger rogne un peu sur ses marges quelquefois. C’est sûr que ça ne sera pas la meilleure année. On est sur tous les fronts pour que les artisans passent cette crise. Je le dis haut et fort: si les artisans arrivent à passer cette augmentation, à bien remplir les aides avec les comptables, ils passeront la crise."

LP