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"Ça va être dramatique": le cri de détresse d’une boulangère sur la hausse du prix de l’électricité

Boulangère dans le Doubs, Alexandra Faure a publié une vidéo sur les réseaux sociaux pour témoigner des énormes difficultés posées par la hausse du prix de l’électricité. Dans "Charles Matin" ce jeudi sur RMC, elle appelle l’Etat à l’aide pour sauver les artisans qui ne sont pas protégés par le bouclier tarifaire sur l’énergie.

Plus de 130.000 vues sur Facebook, en une semaine. Dans une vidéo, Alexandra Faure, boulangère à Valdahon (Doubs), expose sa situation et sa grande inquiétude pour l’avenir de son activité face à l’explosion du prix de l’électricité cet hiver. "Je veux alarmer et informer les gens, explique-t-elle, très marquée, au bord des larmes. C’est un cri de rage pour tous les artisans de France et plus particulièrement les boulangers. Je suis désespérée." Ne rentrant pas dans les conditions du bouclier tarifaire, elle subit de plein fouet la crise énergétique.

"Une année de consommation, c’est environ 16.000 euros. Et là, les tarifs qu’on nous annonce vont porter la facture à plus de 40.000 euros, détaille-t-elle dans ‘Charles Matin’ ce jeudi sur RMC. Le tarif d’hiver pour 1 kwh, il passe de 13 à 57 centimes. Ce sont des chiffres qui font tourner la tête. On n’a aucune idée de comment on va pouvoir faire face à de telles augmentations."

Et Alexandra Faure ne s’inquiète pas que pour elle. "Je pense que je peux parler au nom de tous les artisans, quels qu’ils soient. Les boulangers, les bouchers, les pressings… Tous les gens qui ont créé leur entreprise, on demande juste qu’on nous laisse travailler, qu’on nous donne la possibilité d’être rentable. Là, on ne pourra plus l’être. C’est impossible. On a beau refaire tous les calculs… Il n’y a pas que les artisans boulangers qui vont être touchés. On va connaitre une crise sans précédent. La chute va être d’une extrême violence."

"On voudrait juste continuer à pouvoir travailler"

Dans cette boulangerie du Doubs, l’augmentation du prix de la baguette est "envisagée". Mais ce serait à contre-coeur. "Pour moi, la baguette, c’est la base de l’alimentation française, souligne Alexandra Faure. Beaucoup de personnes ont déjà des difficultés. Mais que tout le monde ne puisse pas se payer un morceau de pain, c’est le début de la fin… On parle de l’augmentation du prix de la baguette mais tout va être impacté." La boulangère attend désormais des réponses rapides de l’Etat.

"Si quelqu’un dans les hautes instances peut prendre notre facture, qu’il m’explique comment je vais être rentable et comment je vais pouvoir faire. On voudrait juste continuer à pouvoir travailler, réclame Alexandra Faure. Quand je demande de l’aide dans la vidéo, je ne demande pas forcément de l’argent. Je demande juste à pouvoir continuer à travailler et à être rentable, à maintenir les emplois que j’ai créés. Il faut qu’ils aient conscience que ce qui va se passer dans les mois à venir, ça va être dramatique. Ça va aller très, très vite. Fin février, fin mars, il y aura énormément d’artisans et de commerçants qui auront mis la clé sous la porte. Je vous le garantis. Si rien ne se fait, ça va aller très, très vite."

LP