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Covid: le "quoi qu’il en coûte" a-t-il coûté si cher que ça?

Le président de la République s'est fait accuser pendant la campagne présidentielle d'avoir "cramé la caisse" durant la crise du Covid-19. Que disent les chiffres au niveau européen?

De nombreux commentaires, souvent négatifs, ont été réalisés visant le "quoi qu’il en coûte" concernant les dépenses liées à la crise sanitaire pendant la campagne présidentielle. Valérie Pécresse, notamment, a reproché à Emmanuel Macron de "cramer la caisse". Marine Le Pen pendant l’entre-deux-tours a de son côté estimé que sur les 600 milliards d'euros d’augmentation de la dette, un tiers seulement a concerné la crise Covid.

Finalement, cette caisse, la France l’a plutôt moins cramé que ses voisins, comme le montre les travaux du site spécialisé dans les Finances publiques "Fipeco". Les dépenses publiques par exemple: elles se se sont accrues de 10,7 % en France de 2019 à 2021, contre 14,5 % dans la zone euro. La Finlande est le seul pays où elles ont moins augmenté qu'en France. En Allemagne, elles ont bondi de 17,6 %.

Est-ce que la France aurait pu faire plus?

La France partait déjà de niveaux de dettes et de déficit plus élevés que les autres pays. Les dépenses publiques ont peut-être moins augmenté qu’ailleurs, mais parce qu’elles sont bien plus élevées qu’ailleurs: 59,2 % du PIB en 2021, alors que la moyenne de la zone euro n'est que de 52,4 % et celle de l'Allemagne de 51,5 %, 200 milliards d'euros de moins quand même.

Quel bilan pour le "quoi qu'il en coûte"?
Quel bilan pour le "quoi qu'il en coûte"? © rmc

La France bon ou mauvais élève de la zone euro?

La France se classe ainsi au quatrième rang de la zone euro pour l'augmentation de la dette, derrière l’Espagne et l’Italie notamment. Mais une fracture s'agrave entre plusieurs groupes de pays.

Au sein de la zone euro se détachent ainsi de plus en plus deux groupes de pays: ceux dont l'endettement public est inférieur à 83% du PIB, comme les pays du Nord et le Portugal. Et ceux dont l'endettement dépasse 103 % du PIB comme les pays d’Europe du Sud, dont la France. Un écart considérable qui fragilise la zone euro.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)