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Covid, Ukraine, décarbonation... Les difficultés continuent dans le secteur du bâtiment

Les crises s'enchaînent et certains secteurs sont particulièrement touchés. Dans le bâtiment, en plus des difficultés d'approvisionnement, il faut maintenant faire face à la flambée des prix. Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), était l'invité de "Charles Matin" ce lundi sur RMC.

C'est un secteur en difficulté, non pas par manque de contrats mais par difficultés d'approvisionnement et par la hausse des prix de l'énergie.

Pour les artisans du bâtiment, "il y a bien évidemment une inquiétude qui persiste depuis maintenant six ou huit mois", souligne Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), invité de "Charles Matin" sur RMC ce lundi.

Ils travaillent avec les particuliers pour faire baisser leurs factures d’énergie. Ils aimeraient "arriver à pouvoir donner une solution technique et financière pour que les Français puissent continuer à aller vers une amélioration de leur habitat et qu’il devienne de moins en moins énergivore".

"Tout le monde est inquiet"

Problème, "beaucoup de particuliers et de clients nous rappellent pour nous dire que les devis signés doivent être revisités, souvent avec un delta moins important, avec moins de chantiers engagés parce que tout le monde est inquiet sur la capacité qu’ils auront à pouvoir engager les travaux", ajoute Jean-Christophe Repon.

Ces professionnels doivent rencontrer Bruno Le Maire au mois de septembre. "Ça fait plus de deux ans qu’on interpelle le ministre à ce sujet. On essaye d’avoir une cohérence dans la filière et avoir une transparence des prix de nos fournitures."

Une transparence dans les prix car certains d'entre eux ont largement augmenté.

"Il est difficile pour moi de justifier les 30, 40, 70% d’augmentation qu’on a connu, on nous a mis de la guerre en Ukraine, la crise Covid mais il y a sûrement aussi la décarbonation."

Des retards de chantier

Les industriels doivent produire de façon plus propre et moins polluante. "C'est très bien, on pollue moins pour construire mais nous voudrions comprendre les augmentations", souligne le président de la Capeb. Il se demande si les clients auront toujours la possibilité de faire des chantiers avec ces augmentations de prix.

"Nous avons des décalages de chantier, il y a des matériaux qui ne sont pas produits et qui ne sont pas sur le marché, donc nous avons des retards de chantier", déplore-t-il.

Les prochains mois et l'année 2023 sont, pour le moment, assez flous.

"Nous avons aujourd’hui de l’activité mais pour combien de temps? Comment le marché va-t-il se réorienter? Comment va-t-on faire pour ne pas avoir une rétractation totale du marché?", se demande Jean-Christophe Repon.

Pour autant, c'est justement la période dans laquelle les clients pourraient tout tenter pour faire des économies d'énergie et donc engager des travaux. Auront-ils les moyens pour le faire? C'est tout l'enjeu.

A.B