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Energie: peut-on se passer du gaz russe?

Face aux répercussions de la guerre en Ukraine, les Etats-Unis vont faire en sorte de livrer 15 milliards de mètres cubes supplémentaires de gaz naturel liquéfié (GNL) à l'Union européenne cette année.

Va-t-on pouvoir se passer du gaz russe? L’augmentation des livraisons américaines va nous aider mais on est loin du compte: 15 milliards de mètres cubes pour toute l’Europe, c’est 10% de ce que l’Europe achète chaque année à la Russie.

Il va donc falloir mettre les bouchées doubles pour trouver d’autres sources d’approvisionnement à court terme. Si on voulait remplacer par le charbon, il faudrait trouver 250 millions de tonnes -un quart du commerce mondial-, sachant qu'une bonne partie est déjà achetée par la Chine, donc ce sera un peu compliqué. Dans les énergies non renouvelables, il y a le nucléaire mais il y a peu de capacités mobilisables rapidement, à l'exception de nos centrales fermées.

Il est possible d’augmenter les importations de gaz naturel liquéfié des Etats-Unis donc, mais aussi d'Amérique Latine, du Qatar ou d'Australie. Mais compte-tenu des limites de stockage -seule l’Espagne a de la marge aujourd’hui- et de transport, il n'y aura pas de nouveaux bateaux avant 2025. Il est donc impossible d’aller chercher plus de 50 milliards de m3, un tiers de ce qui nous manque.

Réduire la consommation dans les usines et les entreprises

Il faudra trouver d’autres sources classiques d’approvisionnement par pipeline de Norvège, d'Algérie ou du Kazakhstan. Mais tout mis bout à bout, il manque toujours un tiers de notre consommation.

Dernière solution à effet immédiat: la baisse de la consommation. Il y a trois usages du gaz: électricité, chauffage et industrie. Ce n'est pas tellement chez les particuliers qu'il faut aller réduire la consommation mais dans les usines et les entreprises, où il y a beaucoup à faire sur l'optimisation de l'utilisation des machines, de l'éclairage et du chauffage. Le président de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), Jean-François Carenco, a toutefois appelé lundi l'ensemble des Français à faire dès maintenant des économies d'énergie, au risque de faire face à des tensions d'approvisionnement l'hiver prochain.

Le chauffage est la clé: -1C° réduit sur un chauffage au gaz réduit de 7% la quantité de gaz brulé.

Emmanuel Lechypre