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Guerre en Ukraine: l'impact fou sur l'huile de tournesol et les céréales

Les prix ont grimpé en flèche ces dernières semaines, mais la question de la pénurie se pose alors que la Russie et l'Ukraine vendent 80% de la production mondiale.

L'huile de tournesol va devenir une denrée de plus en plus rare. L’Ukraine et la Russie écoulent à elles deux 80% de l’huile de tournesol commercialisée sur la planète. L'essentiel de cette production est exportée, notamment sous forme d'huile, pour fournir l’industrie agro-alimentaire.

Les prix ont explosé ces derniers mois et la situation pourrait encore s'aggraver dans les mois à venir. La récolte 2022 pourrait être amputée jusqu'à 30% par rapport à celle de l'année 2021 puisque la guerre se déroule dans les régions-clés de la production de graines de tournesol.

C'est vraiment le produit sur lequel pèse le plus grand danger pour l'approvisionnement alimentaire dans le monde. Le problème n’est même plus le prix, qui a pourtant doublé depuis deux mois, mais la disponibilité et surtout la difficulté de remplacer l'huile de tournesol par une autre huile, surtout dans la restauration.

L’autre risque de pénurie majeure porte sur les céréales

La principale inquiétude pour les céréales est que plus rien ne quitte la mer Noire, alors que Russie et Ukraine sont les premiers et cinquièmes plus gros exportateurs de la planète, et assurent 30 % du commerce mondial.

Avant la crise en Ukraine, les stocks de produits agricoles étaient très bas au niveau mondial, et les prix des matières premières alimentaires battaient déjà des records

D'autant que ce sont les pays les plus pauvres qui pâtissent de cela. L’ONU précise que "45 pays parmi les pays en développement importent au moins un tiers de leur blé d’Ukraine ou de Russie – 18 de ces pays en importent au moins 50%".

Que faire pour que cette situation s'arrange?

Il faut dans un premier temps espérer qu’il n’y ait pas d’incidents climatiques et que les récoltes soient bonnes dans les pays de l'hémisphère nord. Il faut également permettre aux ukrainiens de semer du blé, ce qui serait le cas.

La Commission européenne pourrait également décider de suspendre une règle qui oblige les céréaliers européens à laisser en jachère 4% de leurs terres. On se préoccupait beaucoup de la qualité des produits dans le monde, mais la question de la quantité refait surface avec cette guerre en Ukraine.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)