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Inflation dans le secteur alimentaire: deux études confirment qu'il n'y a pas eu de "profiteurs"

Un rapport du Sénat et une étude de l'Inspection générale des finances affirment qu'il n'y a pas eu de hausse abusises dans les renégociations sur les prix alimentaires, à quelques exceptions près. C'est plutôt le nombre important d'intermédiaires qui poserait problème.

“Il n'y a pas eu de profiteurs de l'inflation dans l'alimentaire”. C’est le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui l’a affirmé ce week-end rapport à l’appui. Fin juin face à Apolline de Malherbe, Michel-Edouard Leclerc, patron du groupe Leclerc, avait déploré que les renégociations sur le prix alimentaires dans les grandes surfaces n'étaient "pas transparentes" voire "suspectes".

Plusieurs rapports dont un du Sénat avaient conclu qu’il n’y avait pas de hausses abusives à quelques exceptions près. Et bien le rapport remis à Bruno Le Maire par l'Inspection générale des finances aboutit à la même conclusion. Ni les agriculteurs, ni les distributeurs, ni l'industrie agroalimentaire n'ont pris au passage de rémunération excessive. Et pourtant l’inflation atteint 12% sur un an pour les produits alimentaires.

Selon le rapport de l'Inspection générale des finances, la hausse des prix résulte de la combinaison de plusieurs facteurs: guerre en Ukraine, reprise post-Covid, réchauffement climatique, flambée de l’énergie, crise sanitaire animale ou pénurie de main-d'œuvre…

Trop d'intermédiaires

Sur la base de l’analyse de douze produits alimentaires du quotidien dont les escalopes de poulet, les yaourts nature, ou encore la baguette, l’IGF conclut que l’industrie agroalimentaire a comprimé ses marges et que la grande distribution n’a pas profité de la situation.

Le vrai sujet d'incompréhension, c’est qu’à un bout de la chaîne, on a des pêcheurs ou des éleveurs qui gagnent mal leur vie et à l’autre bout des consommateurs qui ne peuvent plus se payer de la viande ou du poisson. Alors si aucun intermédiaire n’exagère, ils sont en revanche très nombreux. Après le producteur, il y a un grossiste, et puis avant d’arriver au détaillant, un négociant, des transporteurs, des transformateurs du produit, tout ça avec des normes de plus en plus strictes et coûteuses.

Emmanuel Lechypre