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Hausse des prix des produits alimentaires: comment continuer à bien manger sans se ruiner?

L'inflation touche aussi les prix des denrées alimentaires. Ceux-ci ont augmenté de 10% en un an, poussant les Français à se rabattre sur les produits les moins chers, souvent de moins bonne qualité. Mais l'endocrinologue et nutritionniste Boris Hansel a quelques techniques pour manger sainement sans se ruiner.

Les prix de l'alimentaire augmentent avec l'inflation. En un an, ils ont connu une hausse de 10%. Une augmentation qui a des incidences sur les habitudes alimentaires des Français. Depuis septembre, les ventes de produits de marques premier prix ont augmenté de 10% selon l'IRI qui suit chaque semaine l'évolution des produits de grande consommation.

Car l'inflation pousse de plus en plus de Français à faire attention à ce qu'ils dépensent pour manger. Dans ce cadre, finies aussi les pauses-déjeuner au restaurant. Les ventes de sandwichs ont augmenté de 15% en un an, les travailleurs français privilégiant le repas sur un coin de bureau.

De quoi s'interroger sur la qualité de la nourriture des Français qui pourrait se dégrader: "Il faut déculpabiliser, ce n'est pas une dégradation profonde même si on s'adapte, personne ne mange de manière parfaite", veut rassurer ce mercredi sur RMC et RMC Story le professeur Boris Hansel, endocrinologue et nutritionniste à l'hôpital Bichat à Paris.

Des légumes secs pour le plein de protéines

Pour continuer à bien manger sans se ruiner, le praticien conseille de privilégier les fruits et légumes estimant que l'on trouve toujours des bons plans, notamment à la fin des marchés avec les invendus. Boris Hansel appelle aussi à cuisiner et plaide pour la congélation: "J'ai trouvé des barquettes de myrtilles à 50 centimes et les myrtilles se congèlent très bien. En plus, paradoxalement à ce que l'on pourrait imaginer, la qualité des myrtilles s'améliore avec la congélation".

"Deuxièmement, il faut des protéines. La viande et le poisson sont chers en ce moment mais il y a des légumes secs riches en protéines comme les lentilles qui coûtent bien moins cher", explique le nutritionniste.

À ce titre, il conseille de manger des haricots, des pois chiches, des œufs et aussi des fromages blancs vendus en gros pots que l'on peut garder plusieurs jours: "Il ne faut pas hésiter à acheter des produits proches ou dépassant la date limite de consommation", explique aussi Boris Hansel qui ajoute que l'on peut boire de l'eau du robinet sans problème et faire des économies sur les bouteilles d'eau minérale. "L'eau dans les bouteilles en plastique est plus chère, parfois polluée par des microplastiques et moins bonne pour l'environnement".

Des cours de cuisine à l'école inutiles?

Dans ce cadre, pour manger moins cher mais mieux, "il faut réapprendre à faire soi-même la cuisine", abonde Pierre Rondeau. "On a pris des habitudes anglo-saxonnes avec des produits tout faits", renchérit Boris Hansel. Et Fred Hermel plaide pour l'éducation avec des cours de cuisine et d'alimentation à l'école: "Ce serait très bénéfique", croit-il savoir.

Mais l'endocrinien et nutritionniste est bien moins convaincu: "Cela ne fait probablement pas de mal mais on ne peut pas mettre tout sur l'école, il y a d'autres mesures à prendre pour l'éducation des parents, l'organisation des supermarchés et des décisions politiques. Il ne faut pas tout remettre sur l'individu", explique Boris Hansel qui cite des études contradictoires sur le retour de cours de cuisine à l'école.

Guillaume Dussourt