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"Le dividende salarié, c’est le profit pour tous", appuie Bruno Le Maire

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, invité ce lundi matin sur RMC et BFMTV, a affirmé que le dividende salarié permettrait une meilleure redistribution des richesses. Il affirme également que le dispositif pourrait compléter la prime Macron et les salaires.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, s’est dit favorable au “dividende salarié”. "Quand une entreprise a de quoi verser des dividendes à ses actionnaires, elle doit récompenser ses salariés" estime-t-il.

Et selon le ministre, cela doit concerner toutes les entreprises. "La logique est celle que nous défendons depuis cinq ans avec Emmanuel Macron: du travail pour tous et du travail qui paye. Le travail pour tous, on s’en approche, on a réussi à avoir un taux de chômage qui est d’un peu plus de 7% et on vise les 5% d’ici 2027. Du travail qui paye, c’est quoi? Ce sont d’abord des salaires. Les partenaires sociaux ont raison d’insister sur les salaires. Ensuite, vous avez deux autres façons d’améliorer le revenu des salariés. Il y a la prime et quand une entreprise fait des profits, qu’elle peut verser des dividendes à ses actionnaires, elle doit garantir une meilleure rémunération à ses salariés", a insisté le ministre ce lundi sur RMC.

"Le dividende salarié, c’est le profit pour tous, ce n'est pas le profit que pour quelques-uns. La logique de partage de la valeur j’y crois profondément”, poursuit-il.

Pour préciser le dispositif, il souhaite réunir une convention au sein du parti Renaissance en y associant des partis d’opposition, des chefs d’entreprise, mais aussi des salariés. Tout cela pour aboutir à une loi.

Pourtant, pour Alain Gargani, qui représente les chefs d’entreprise de la CPME sud, le “dividende salarié”, ce n’est pas la bonne idée. “Un dispositif qui s’adosserait au dividende, pourquoi pas. Mais ça ne peut pas être une distribution de dividendes, ça peut être soumis à des primes en fonction d’une activité qui est florissante, quelle que soit la taille de l’entreprise. Et là, on a des dispositifs existants donc renforçons-les ou alors simplifions-les comme la prime pouvoir d’achat par exemple. On pourrait l’augmenter, jusqu’à 10.000 euros”, appuie-t-il.

Les syndicats peu emballés

Côté syndicats aussi, la proposition est mal perçue. “La meilleure façon de bien répartir les richesses créées, c’est par les salaires. De bons salaires, une bonne retraite, et des minimas sociaux qui permettent de vivre dignement. Les travailleurs vendent leur force de travail et pour ça, ils doivent être rémunérés. Les renvoyer à une bonne santé financière de l'entreprise, c'est une enfumerie”, juge Olivier Mateu, secrétaire général de la CGT des Bouches-du-Rhône.

Sachant qu’il existe déjà deux dispositifs permettant d’associer les salariés aux bénéfices : la participation et l’intéressement.

Guillaume Descours Journaliste RMC