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Le prix de l'alimentaire et les pénuries vont continuer d'augmenter en 2023

Le rythme de la hausse des prix alimentaires va encore s’accélérer au cours des prochains mois, avec un risque accru de pénuries.

Alors qu’on est déjà sur des rythmes soutenus sur la hausse des prix des produits du quotidien (alimentation, hygyène, entretien), qui s’est accéléré à 11% sur un an en novembre, selon le cabinet IRI, les prix de l'alimentaire vont continuer à augmenter dans les prochains mois.

L'augmentation des prix de l'alimentaire sur un an: 11%
- Viandes surgelées : 30%
- Essuie-tout : 23%
- Pâtes et huile : environ 20%

En effet, les négociations tarifaires annuelles entre les distributeurs et les industriels de l’agroalimentaire viennent de débuter avec une date butoir au 1er mars. D'un côté les agriculteurs et industriels qui doivent faire face à l'augmentation des prix des matières premières et de l'énergie. Ils réclament en moyenne des hausses de tarifs de 12 à 14%, ce qui couvrirait, disent-ils, à peine la moitié de la hausse de leurs coûts. De l'autre côté, les distributeurs qui veulent limiter ses augmentations pour continuer à pouvoir vendre ses produits, alors que la hausse de la facture électrique a déjà dévoré la moitié de leurs marges. Les négociations s'annoncent particulièrement serrées

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Les consommateurs vont passer à la caisse

Inévitablement, ce sont les consommateurs qui vont devoir une nouvelle fois payer, en plus des pénuries qui ne manqueront pas de clairsemer les rayons quand des produits ne seront plus référencés, faute d’accords commerciaux. Alors que les Français se serrent déjà la ceinture, il faut redouter une panne de la consommation. En témoigne, la chute actuelle des achats de fruits et légumes (-8%), de la viande de bœuf (-12%), du poisson (-20%).

"La plupart des Français n'auront pas la capacité à acheter les produits à ces niveaux-là. On risque d'avoir un vrai massacre." alerte Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution.

Pour lui, "tout le monde" (industriels, agriculteurs, distributeurs) "va devoir faire des efforts". Il estime "impossible à envisager (...) d'avoir des chiffres supérieurs aux 12% d'augmentation de cette année. Il y aura des augmentations, importantes, mais elles ne peuvent pas atteindre les niveaux demandés par tous."

Octobre a déjà enregistré la plus forte baisse de la consommation en octobre depuis le confinement d’avril 2021. La priorité des Français semble clairement être l’épargne, en témoigne les virements nouveaux sur le livret A et le livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui réunis dépassent pour la première fois 500 milliards. Avec le choc inflationniste du début d’année prévu en début d'année 2023, avec la réduction des boucliers énergétiques, qui ferait gagner près d'un point d’inflation, la situation risque de ne pas s'arranger.

Emmanuel Lechypre avec Nicolas Ropert et MM