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Fin du bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité? "Le risque d’un nouveau choc inflationniste"

Le gouvernement envisage de remplacer le bouclier tarifaire pour tous sur l’électricité et le gaz par une aide plus ciblée, pour les plus modestes. Dans "Estelle Midi", ce lundi sur RMC et RMC Story, Mathieu Plane explique le risque potentiel pour les Français qui ne bénéficieraient plus de cette protection sur les prix de l’énergie.

Les prix du gaz et de l’électricité vont-ils flamber l’hiver prochain pour une majorité de Français? Après avoir annoncé la fin de la ristourne de 18 centimes sur les carburants dès le 1er octobre, qui sera remplacée par une aide pour les bas revenus et les gros rouleurs, le gouvernement pourrait également mettre fin au bouclier tarifaire pour tous sur le gaz et l’électricité. Elisabeth Borne, la Première ministre, et Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, réfléchissent ouvertement à la possibilité de concentrer l’aide sur les Français les plus modestes.

"Il faut mettre tous les éléments sur la table, explique l’économiste Mathieu Plane, directeur adjoint de l’OFCE, dans ‘Estelle Midi’ ce lundi sur RMC et RMC Story. Bruno Le Maire n’est pas forcément ravi d’annoncer ça. La question qui est forte, c’est la question budgétaire. Que ce soit le bouclier tarifaire ou la remise de 18 centimes, ça coûte cher. Sur 2022, l’ensemble des mesures, c’est près de 30 milliards d’euros. C’était fait au départ pour faire face à l’urgence, qui était liée à différents facteurs mais notamment à la guerre en Ukraine et à la hausse des prix de l’énergie au niveau mondial. Ces boucliers tarifaires n’étaient pas censés durer."

"Forcément, le ciblage va faire énormément de mécontents"

Sans le bouclier tarifaire, de nombreux foyers pourraient devoir assumer une forte hausse de leurs factures. "Si on l’enlève, il se pose forcément la question de ce qu’il va se passer pour le pouvoir d’achat d’un certain nombre de personnes, notamment les plus modestes et ceux qu’on appelle les ‘prisonniers énergétiques’, qui ont un poids important de la dépense énergétique dans leur budget, qui ne peuvent pas boucler les fins de mois. Forcément, le ciblage va faire énormément de mécontents, estime Mathieu Plane. Avec les effets de seuil, il y a beaucoup de personnes qui ne seront plus dedans."

"Il risque d’y avoir un nouveau choc inflationniste pour ces personnes qui étaient jusqu’à présent protégées par le bouclier tarifaire et qui vont payer le prix réel du gaz, notamment, ajoute cet économiste. Ça dépend aussi beaucoup de ce qu’il va se passer avec la guerre en Ukraine et les prix de l’énergie sur le marché mondial."

"D’un autre côté, si on maintient un bouclier tarifaire assez généreux parce que tout le monde en profite, il va falloir le financer et ça veut dire augmenter des impôts, souligne également Mathieu Plane. Aujourd’hui, on ne paye pas le prix réel. On a l’inflation la moins élevée d’Europe, notamment parce qu’il y a ces dispositifs-là, mais on sait qu’ils coûtent très cher."

LP