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"On est prêts à arracher les vignes": le cri d'alarme des vignerons bordelais

Ventes à pertes, aléas climatiques, pertes de marchés à cause du Covid... le vignoble bordelais est en crise. Sur les 4.000 vignerons, un tiers est en difficulté financière et un quart souhaite arrêter son activité.

Un cri de désespoir. Un quart des vignerons bordelais veulent arrêter leur activité. "Ils sont prêts à procéder à l'arrachage total des vignes" révèle la chambre d'agriculture de Gironde dans un rapport publié vendredi. Des centaines de vignerons du Bordelais qui travaillent à perte et, pour certains, gagnent moins que le SMIC.

Si les vignerons bordelais sont pris à la gorge, c'est que leur situation s'est dégradée ces dernières années. Parmi les causes, "les vins (qui) se vendent en dessous des coûts de production. A cela, il faut ajouter les aléas climatiques à répétition et des marchés en Chine que l'on a perdu avec le Covid" constate Jean-Samuel Eynard, représentant des viticulteurs en Gironde.

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Un tiers de vignerons en difficulté financière

Moins de quantités récoltées, c'est aussi moins de ventes et des coûts de production en hausse. Ce qui pousse beaucoup de vignerons à vendre à perte, surtout auprès de la grande distribution avec qu'ils n'arrivent pas à négocier un prix juste. Ainsi, sur les 4.000 vignerons bordelais, plus de 1.300 se déclarent en difficulté financière.

La chambre d’agriculture a annoncé que les résultats détaillés de cette étude seront lors de la prochaine cellule de crise, qui doit réunir plusieurs représentants : de l’Etat, de la Région, du Département et des organisations professionnelles. En attendant, les responsables de la filière vin seront reçus au ministère de l'Agriculture, ce jeudi. Ils réclament d'être protégés par la loi Egalim qui garantit un prix juste aux agriculteurs ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Amandine Réaux avec Maxime Martinez