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Bordeaux: les vignerons manifestent et demandent un plan gouvernemental face à la surproduction

Baisse de la consommation, hausse des coûts de production, crise du Covid-19, le Bordelais traverse une grave crise. Ils peinent à écouler leurs stocks, ce qui les met en difficulté financière. Une manifestation était prévue ce mardi, dans les rues de Bordeaux, pour demander un plan gouvernemental et surtout, une prime à l'arrachage de vignes. Cela leur permettrait de reconvertir les terres, en pâturage, par exemple.

Le vignoble bordelais s'étend sur 110.000 hectares, avec 85 % de production de rouge. Le problème, c'est que le vin produit n'est pas assez vendu. Entre la baisse de la consommation, la hausse des coûts de production, la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine, le Bordelais traverse une grande crise et les professionnels se retrouvent en difficulté financière.

"Il y a un million d’hectolitres de trop qui est produit tous les ans. Cela pèse sur la balance et fait qu’on va le vendre très peu cher ou qu’on ne va pas le vendre", déplore Didier Cousiney, le porte-parole du collectif des viticulteurs du 33.

Pour l’appellation "Bordeaux rouge", le tonneau de 900 litres est tombé aux alentours de 600 euros, soit quelques dizaines de centimes le litre, quand il faudrait le double pour couvrir les coûts actuels, indiquent les vignerons.

Une prime pour arracher les vignes

Par conséquent, les viticulteurs ont décidé de manifester, ce mardi matin, à Bordeaux. Ils demandent notamment un plan gouvernemental et surtout, une prime à l'arrachage de vignes.

Le collectif de viticulteurs à l'origine de cette manifestation veut arracher "au moins 15.000" hectares, moyennant 10.000 euros de prime à l’hectare, soit 150 millions d'aides de l'État au total. De son côté, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux réclame des aides pour l'arrachage de 10.000 hectares.

"On demande un arrachage volontaire qui va servir, aux retraités comme moi et qui ne trouve pas preneur, de toucher la prime et de reconvertir mes terres en pâturages pour des éleveurs, par exemple. C’est la seule solution", ajoute Didier Cousiney.

Si cela pouvait avoir lieu, ce ne serait pas la première fois. Le vignoble a déjà eu recours à l’arrachage dans les années 2000, quand les cours ont pâti d’une surproduction mondiale.

AB