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Bientôt un congé menstruel? "Au lieu de demander un congé, je propose d'expliquer pourquoi on a mal"

A la veille de la présentation les ordonnances modernisant le code du travail, RMC se penche sur la possibilité pour les femmes de demander un congé en cas de règles douloureuses.

Le congé menstruel est déjà en vigueur dans certains pays. En Europe, une proposition de loi est à l'étude en Italie. Les règles douloureuses, appelées dysménorrhée, touchent au moins une femme sur 2 (50 à 70% selon l'Assurance Maladie). Une douleur violente dans le bas-ventre, les reins et parfois en haut des cuisses. Alors que le gouvernement s'apprête à rénover le code du travail, faut-il prévoir un congé en cas de règle douloureuse?

"Il ne faut surtout pas considérer ça comme normal"

Non pour Alain Tamborini, gynécologue spécialiste des problèmes hormonaux. Selon lui, il ne faut pas se résigner et se contenter d'un arrêt de travail. "Je suis très réticent. Si une patiente, une jeune femme, me demande un congé menstruel, j'essaierai d'abord de savoir pourquoi. Pourquoi elle se sent handicapée un, deux ou trois jours par cycle. D'autre part il faut faire des examens, des explorations. Et bien sûr, après, lui proposer une stratégie thérapeutique, un traitement. Parce qu'aujourd'hui, pour les femmes qui souffrent pendant les règles, il ne faut surtout pas s'en accommoder, il ne faut surtout pas l'accepter, il ne faut surtout pas se résigner. Il faut en parler à son médecin traitant, à son gynéco. Il y a des moyens d'exploration, des moyens de diagnostic, et surtout des moyens thérapeutiques. Il ne faut surtout pas considérer ça comme normal. Donc au lieu de demander un congé, je propose d'expliquer pourquoi elle a mal et de trouver une solution".

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