RMC

"C'est aux femmes de rester à la maison!": ce jeune papa a été harcelé par son patron après avoir demandé un congé parental

RMC S'ENGAGE POUR VOUS - Cet ouvrier agricole et papa de trois enfants a voulu prendre un congé parental pour s'occuper d'eux pendant un an. Son patron a très mal réagi.

C'est un document sonore poignant: le coup de colère d'un patron contre son employé.

Ce dernier, est papa de 3 enfants dont des jumeaux en bas-âge. Grégory, un ouvrier agricole, a voulu prendre un congé parental pour s'occuper de ses enfants pendant un an, comme le lui permet le Code du travail. Il a pris le soin de prévenir son patron, un agriculteur, mais ce dernier a très mal réagi, le menaçant.

À tel point que Grégory a fini par l'enregistrer: 

"Tu vas pas me freiner, je te préviens, moi j'ai besoin d'avancer, pas d'un branleur qui me freine. Parce que là, pendant un an je suis comme un couillon avec tes conneries!", peut-on entendre son employeur lancer à Grégory, dans un document sonore que RMC a diffusé ce mardi. "Je comprends que votre position n'est pas facile, mais j'ai fait un dossier de congé parental", lui explique alors Grégory, provoquant sa colère.

"Ne me parle pas de congé parental. Je ne suis pas d'accord de toute façon. Et tu me regardes dans les yeux quand je te parle. Tu peux être fier de toi, un mec qui fait le gardiennage d'enfants... Une femme d'accord mais toi?! Tu fais partie des branleurs qui ne font pas avancer le pays, t'es qu'un cas soc'. J'ai qu'une hâte c'est que tu te barres!", lui lance son employeur.

Insultes, intimidations, menaces... Pendant 7 mois, Grégory a subi ce qu'il qualifie de "harcèlement". Mais il a fini par partir en congé parental: c'est son droit, un patron ne peut pas s'y opposer.

Aujourd'hui, Grégory a beaucoup de mal à se remettre de cette histoire.

"Sept mois c'est long. Tous les jours j'entendais des reproches, des insultes, c'était difficile. J'ai perdu 7 kilos. Pour moi, j'ai fait quelque chose de mal. J'y repense encore et ça fait mal" confie-t-il à notre micro.

>> A LIRE AUSSI - La Rochelle: des habitants ont-ils découvert par hasard un énorme scandale sanitaire?

"C'est aux femmes de rester à la maison"

Malgré tout, il est fier d'avoir tenu bon:

"Je pense que je ne suis pas le seul dans cette situation-là. Il doit y avoir beaucoup de papas qui ne veulent pas prendre de congé parental. Moi je leur dit d'y aller de le faire. Les enfants, ça grandit tellement vite, qu'il faut en profiter. Je suis fier aujourd'hui, tous les matins quand je vois mes enfants je me dis que je fais ça pour eux. Mon fils, je l'encouragerai à prendre son congé aussi".

Contacté par RMC, l'employeur a d'abord expliqué qu'il fallait que son salarié "arrête de pleurer", qu'il avait dû prendre un prestataire de service "à cause de lui" et qu'il avait une entreprise à faire tourner. Quant à son père, croisé sur l'exploitation, il comprend la réaction de son fils: "C'est aux femmes de rester à la maison".

Le congé parental de Grégory arrive à terme fin septembre. Il n'a évidemment pas du tout envie de retourner travailler sur l'exploitation. Il espère désormais pouvoir obtenir une rupture conventionnelle. Son patron qui ne voulait d'abord pas s'exprimer a changé d'avis. À RMC, il a promis qu'il allait accorder une rupture conventionnelle au papa.

>> A LIRE AUSSI - Réservations perdues, SAV débordé: RMC vient en aide à Mounir et sa famille face à leurs vacances qui ont viré au cauchemar

Congé parental: que dit la loi?

Tout est inscrit dans le Code du travail, dans différents articles. Et la règle est simple: "À l'occasion de la naissance ou de l'arrivée au foyer d'un enfant, le salarié peut arrêter de travailler pour s'occuper de l'enfant. Dans ce cas, il bénéficie d'un congé parental d'éducation, sous conditions d'ancienneté. La durée du congé varie en fonction du nombre d’enfants nés ou adoptés simultanément" peut-on ainsi lire sur service-public.fr, qui précise que ce congé "est ouvert à tout salarié ayant au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise".

Marie Dupin et Benoît Ballet