RMC

"J'ai appelé la police, j'ai dénoncé mon fils": la détresse de la mère de Brahim, tué dans un règlement de comptes à Marseille

DOCUMENT RMC - Déjà visé par deux tentatives de meurtre, Brahim 22 ans, était retrouvé mort dans une voiture calcinée en décembre dernier, énième victime d'un règlement de comptes à Marseille. Aujourd'hui, sa famille se trouve totalement abandonnée et stigmatisée.

Le 29 décembre 2020, Brahim 22 ans, déjà condamné par le passé pour des faits de trafic de drogue, et déjà visé deux fois par des tentatives de règlements de comptes, notamment rescapé de 9 balles qui l’ont touché au mois de juin de la même année, était retrouvé mort à l'arrière d'une voiture calcinée aux Pennes-Mirabeau, en compagnie d'un autre jeune homme.

Passé le choc, sa mère Ouassilah, restauratrice et mère de trois enfants, s’est sentie totalement abandonnée après le règlement de comptes qui lui a enlevé son fils Brahim:

"C'est une victime ignorée. Et maintenant on dirait que, moi aussi, je suis coupable, comme si j'avais fait quelque chose. Personne ne me répond, j'appelle la police qui ne me répond pas. Je veux qu'on me rende la chaîne qu'il avait autour du cou, je lui avais acheté et il est mort avec".
"J'ai appelé la police, j'ai dénoncé mon fils": la détresse de la mère de Brahim, tué dans un règlement de comptes à Marseille
"J'ai appelé la police, j'ai dénoncé mon fils": la détresse de la mère de Brahim, tué dans un règlement de comptes à Marseille © RMC

Son fils Brahim a été victime d'un règlement de comptes, comme 15 autres personnes dont un jeune de 14 ans depuis le début de l'année dans la cité phocéenne.

En conséquence, Emmanuel Macron est attendu ce mercredi à Marseille pour un déplacement de trois jours. Il doit présenter le plan "Marseille en grand". Le chef de l'Etat doit faire des annonces sur la sécurité, les transports, la santé et l'éducation.

>> A LIRE AUSSI - Adolescent de 14 ans tué à Marseille: pourquoi les victimes de règlements de compte sont de plus en plus jeunes?

"J'ai appelé la police, j'ai dénoncé mon fils"

De leur côté, les familles des victimes de règlements de comptes organisent une marche blanche ce soir à 18h. Car au-delà de l’absence de prise en charge, Ouassilah dénonce aussi les discours qui stigmatisent les familles de victimes:

"Nous ne sommes pas des monstres, on est des humains. J'ai appelé la police quand mon fils a commencé à fréquenter ces gens-là. J'ai dénoncé mon fils. J'ai tout fait. Je suis sortie la nuit et on m'a braqué avec un kalachnikov juste parce que je cherchais mon fils".

Dans la marche blanche organisée ce mardi soir, Ouassilah demandera aussi une vraie réponse de l’état notamment en terme de moyens pour les associations contre la violence qui luttent dans les quartiers.

>> A LIRE AUSSI - Un homme enlevé en plein centre de Marseille, puis retrouvé carbonisé: un voisin a filmé la scène insoutenable

Lionel Dian (avec G.D.)