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Licencié pour "faute grave" après être allé travailler en présentant les symptômes du Covid-19

TÉMOIGNAGE RMC - Sébastien Klem a été licencié pour "faute grave" cet été à Mulhouse. Il lui est reproché d'être allé travailler en présentant des symptômes du coronavirus.

Il travaillait jusqu'à la fin de l'été pour l'office HLM de Mulhouse. Jusqu'à ce qu'il soit atteint par le Covid 19. Alors qu'il ne présentait pas de symptôme à part une légère toux, Sébastien Klem effectue un test après avoir eu l'idée en passant devant un drive Covid.

Il retourne ensuite travailler, sauf que quelques heures plus tard, le test s'avère positif. Son employeur lui reproche alors une "faute grave" pour avoir mis en danger ses collègues pour n'avoir pas respecté le protocole mis en place par sa société. Il est licencié fin août. 

L'étage qu'il occupait a dû être fermé, et des dizaines de personnes testées. "On ne joue pas avec la vie des gens", a expliqué la direction de l'office HLM.

La lettre de licenciement de Sébastien est arrivée le 21 août dernier. 

“J’ai repris mon emploi pendant deux jours. Le jeudi, après une expertise, je suis passé devant un supermarché qui proposait un test drive covid. Et je me suis dit pourquoi ne pas le faire. Je retourne travailler et donc le soir, je reçois le résultat qui m’annonce que je suis positif”, indique-t-il. 

Pas de symptôme

C'est ce retour au travail qui lui est reproché: se faire tester puis retourner au bureau.

“On m’annonce que je n’ai pas respecté mon obligation de sécurité et que j’ai mis en danger la santé de mes collègues. Le point sur lequel a insisté les ressources humaines, c’est qu’on ne fait pas de tests si on n’a pas de suspicion. J’ai eu beau leur expliquer que je n’avais pas de symptômes, je suis même allé courir le soir”, détaille-t-il. 

Un certificat médical affirme lui aussi que le seul symptôme était une simple toux. Pourtant, la direction affirme que certains de ses collègues ont constaté d'autres symptômes, comme les yeux rouges, le teint pâle, et même de la fièvre.

"Aujourd'hui il nie les faits. Ses collègues nous ont fourni des attestations écrites", a insisté le directeur général de l'office HLM, Eric Peter, assurant que "la réaction de ses collègues a été violente" car "ils ne comprennent pas qu'il soit venu travailler dans ces conditions". "On peut être inconscient mais là c'est de l'irresponsabilité. On ne joue pas avec la vie des gens", a souligné EricPeter, estimant qu'au vu de "la gravité des faits, il n'y avait "pas d'autre sanction possible".

Il a tout simplement été expliqué à Sébastien, qu'il aurait dû rester en télétravail, le temps d'avoir le résultat de son test.

Thomas Chupin avec Guillaume Descours