RMC

"On pense au suicide": d'anciens salariés de La Poste manifestent pour le paiement de leur chômage

D'anciens postiers manifestaient jeudi matin devant le siège de La Poste pour obtenir le paiement de leur chômage. Le groupe, qui a son propre système d'assurance chômage, ne paierait pas l'indemnité d'au moins 1.000 de ses anciens employés.

Ils étaient quelques anciens postiers jeudi matin à manifester au siège de la Poste à Paris, réclamant le paiement de leur chômage alors que le groupe a son propre système d'auto-assurance chômage. C'est elle qui verse les indemnités à ses anciens salariés. Ou plutôt qui ne les verse pas. Car ils sont nombreux à attendre leur argent pendant des semaines parfois pendant des mois.

Comme Sonia. En arrivant dans le hall elle a craqué jeudi matin: "On ne demande pas l’aumône, on demande quelque chose qui est indu. Vous travaillez, vous cotisez pour le chômage, vous arrivez au chômage on doit vous donner votre chômage. Ce n’est pas possible d’attendre sept mois. Après vous pensez au suicide, parce que mon crédit immobilier si je suis morte, il est remboursé à 100%".

Et ils sont plus de 1.000 aujourd'hui, regroupés sur une page Facebook "Les victimes du système d'assurance-chômage de La Poste". Majed l'administrateur de la page, a failli être expulsé de chez lui l'année dernière car il n'avait plus d'indemnités. Il était là jeudi aussi au siège de La Poste et a demandé à être reçu par le PDG Philippe Whal :

"On veut que le système du chômage de La Poste change. On veut un système compétent. Nous n’avons rien contre le groupe La Poste, on a demandé à rencontrer monsieur Whal mais on nous dit ‘on ne rencontre pas monsieur Whal comme ça’. Je veux que ça change".

Les dossiers urgents gérés

Finalement, les anciens salariés de La Poste ont pu être reçus. Pas par le PDG certes, mais ils ont tout de même obtenu un rendez-vous d'une heure trente avec des représentants de la direction des ressources humaines.

"Ils sont assez surpris de l’ampleur de ce qui se passe. Ils nous ont dit qu’ils allaient traiter l’urgence, donc nos dossiers parce qu’on était là", mais sans réponse générale sur le système d’assurance-chômage, raconte Sonia à la sortie du rendez-vous. La situation devrait donc avancer, pour certains, mais beaucoup d’autres anciens postiers restent dans ce cas.

Ils ont saisi une avocate pour une procédure en justice et envisagent de manifester devant le ministère de l'Économie pour réclamer la suppression du système d'auto-assurance chômage de la Poste. C'est qu'ils veulent: être pris en charge par Pôle emploi. De son côté, La Poste assure que tous les dossiers complets des chômeurs sont pris en charge en dix jours seulement.

Marie Dupin