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Un projet de décret du gouvernement pour réduire la durée de l'assurance chômage

Le gouvernement a transmis aux syndicats vendredi un projet de décret sur l'assurance chômage. Celui-ci prévoit qu'à moins de 6% de chômeurs en France, la durée d'indemnisation des chômeurs serait réduite.

Il y a des cadeaux de Noël dont certains se passeraient bien. Vendredi, à quelques heures de Noël, le ministère du Travail a envoyé aux syndicats un projet de décret sur l'assurance chômage. Selon celui-ci, en fonction du niveau du taux de chômage, la durée d'indemnisation des chômeurs serait modifiée.

Une disposition que les syndicats n'avaient pas vu venir. Le gouvernement prévoyait certes déjà de durcir les règles avec à partir de février la réduction de 25% de la durée d'indemnisation. C'est-à-dire que lorsqu'aujourd’hui un demandeur d'emploi a le droit à deux ans de chômage, demain, il n'aura plus le droit qu'à un an et demi maximum.

Un risque pour les chômeurs en fin de droits

Ça, les syndicats le savaient déjà, mais ils ont appris juste avant Noël, l'existence d'un nouveau palier, à 6% de chômeurs. C'est-à-dire que si le taux de chômage est sous cette barre, alors la durée de versement des indemnités est raccourcie non plus de 25% mais de 40%.

Une assurance chômage réduite dans le temps, donc. Avec l'idée qu'on trouve plus facilement du travail quand le chômage est faible.

Un décret qui fait hurler le porte-parole du Parti communiste français, Ian Brossat.

"C’est une honte absolue. À la veille du week-end de Noël, le gouvernement s’attaque aux chômeurs et une fois de plus, il va plonger dans la pauvreté des millions de gens qui sont privés d’emploi, qui sont bien souvent dans la difficulté", indique-t-il.

"Ça traduit une vision de la société qui est celle du marche ou crève. C’est-à-dire que les plus fragiles vont faire les frais de la politique de ce gouvernement. Et dans le même temps, ce gouvernement continue de verser des milliards d’euros aux grandes entreprises. Les plus modestes sont eux systématiquement laissés sur le bord du chemin", ajoute-t-il. .

Le taux est aujourd'hui de 7,3. Les syndicats dénoncent l'absence de concertation pourtant prônée par le gouvernement et craignent de voir de nombreux chômeurs en fin de droits plonger dans la grande pauvreté.

Cyprien Pézeril avec Guillaume Descours