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Assurance chômage: "Les chômeurs vont devoir accepter des emplois précaires" dénonce la CGT

Le gouvernement rencontre ce lundi les syndicats pour présenter sa réforme de l'assurance-chômage. Au menu, une modulation des durées d'indemnisation à la baisse quand la situation de l'emploi est bonne et à la hausse quand la situation se tend.

Le ministre du Travail Olivier Dussopt doit présenter ce lundi aux syndicats les nouvelles règles d’indemnisation de l’assurance chômage, quatre jours après l'adoption de la loi sur "le marché du travail", qui autorise l’exécutif à modifier le système par décret.

L'exécutif veut ainsi rendre l'assurance chômage plus stricte quand trop d'emplois sont non pourvus et plus généreuse quand le chômage est élevé, estimant que le système actuel n'incite pas à la reprise d'emploi. Preuve en est pour le gouvernement, les difficultés de recrutement alors que le taux de chômage est toujours supérieur à 7%.

"Pire pour les seniors"

Mais la réunion s'annonce compliquée avec les syndicats, déjà vent-debout contre la réforme. "Les chômeurs vont se retrouver en fin de droit plus tôt et vont devoir accepter des emplois précaires", analyse ce lundi sur RMC et RMC Story Denis Gravouil, responsable "emploi et chômage" à la CGT.

"Ce qu'on a compris, c'est que dans une période où le chômage est censé être en baisse, le gouvernement pourrait raccourcir les périodes d'indemnisation. Au lieu de 24 mois, on aura 18 et ce sera encore pire pour les séniors. S'il n'y a pas d'exception, ce serait 9 mois sur 36", détaille le syndicaliste, alors qu'actuellement le seniors bénéficient de droits allongés.

"On a multiplié les contrats précaires"

Avec sa nouvelle réforme, le gouvernement espère inciter les travailleurs à retrouver du travail plutôt que rester au chômage. "Or, tout le monde cherche du travail, en fin de droit, qui est une période extrêmement difficile. Là, on va se retrouver avec des gens qui vont devoir accepter des petits boulots et pas des emplois et des qualifications au niveau de leur ancien salaire", prédit Denis Gravouil.

"Le problème, c'est la précarité. On a multiplié les contrats précaires. Les contrats se raccourcissent et tout est fait pour l'encourager. On n'apporte pas les moyens d'avoir un emploi durable", déplore le syndicaliste.

Une application dès février?

"Les allocations chômage sont au niveau du seuil de pauvreté, on ne peut pas vivre avec ça. La plupart des gens cherchent un nouveau travail vite. Le mythe des chômeurs qui vont aux Bahamas avec leur allocation chômage n'existe pas", ajoute Denis Gravouil, rappelant que 6,5 millions de personnes sont inscrites au chômage mais que 2,4 millions seulement sont indemnisées.

La réforme devrait entrer en vigueur dès février prochain. Concrètement, à cette date, un chômeur aujourd'hui indemnisé sur 24 mois ne le sera plus que sur 18. Dans tous les cas, l'Etat garantira un plancher minimal de six mois.

G.D.