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"J’ai trouvé ça aberrant": au chômage avec 2.500 euros par mois, il attend avant de retravailler

La nouvelle assurance-chômage du gouvernement, qui doit entrer en vigueur le 1er février prochain, se veut moins généreuse, avec une allocation réduite dans le temps.

Une indemnisation réduite, plus rapidement dégressive et moins étendue. Voici les contours de la nouvelle assurance-chômage, le projet du gouvernement qui doit entrer en vigueur dès le mois de février. Des niveaux d'indemnisation qui pourraient évoluer selon la situation du marché de l'emploi.

Par exemple, un chômeur qui aurait eu droit à 24 mois d’indemnisation dans le système actuel n’aura plus droit qu’à 18 mois d’aide dès le début de l’année prochaine si le taux de chômage se maintient en-dessous de 9%.

Un coup de massue pour la CGT qui craint que les chômeurs ne soient obligés d'accepter des emplois précaires et qui redoute aussi une modulation à la baisse pour les seniors qui bénéficient normalement de droits allongés. Du côté du Medef pourtant, on salue une décision qui "va dans le bon sens".

"Je ne cherchais pas plus que ça jusqu’à présent"

C'est aussi ce que salue Brice, responsable commercial dans les Landes, qui s'étonne d'avoir pu bénéficier d'une confortable période de chômage. "Cela fait un an et demi que je suis au chômage. Je touche entre 2.400 et 2.500 euros. Je ne cherchais pas plus que ça jusqu’à présent, parce que lorsqu’on m’a dit combien j’allais toucher et pendant combien de temps, j’ai trouvé ça aberrant", raconte-t-il dans "Les Grandes Gueules".

"J’ai déménagé et je me suis dit que j’allais prendre le temps. Mais récemment, j’ai reçu un courrier me disant que j’allais perdre un peu d’argent de mon chômage, je me suis donc relancé dans ma recherche et j’ai trouvé un nouveau travail il y a trois semaines", précise Brice sur RMC et RMC Story.

Brice, qui a retrouvé un poste de responsable commercial, raconte que c'est parce que son chômage devait passer de 2.400 à 1.900 euros qu'il s'est relancé dans la recherche active d'emploi.

"J'en ai marre qu'on tape sur les chômeurs"

De nombreuses voix taclent certains chômeurs qui profiteraient de la situation. Mais pour bénéficier d'une allocation chômage élevée, il faut forcément avoir touché un salaire élevé. Pour les plus précaires, ce n'est pas la même histoire. "J’en ai marre qu’on tape sur les chômeurs", peste de son côté Christophe, 54 ans, agent territorial, qui travaille dans une déchetterie pour une communauté de commune et pour 1.350 euros nets mensuels sur neuf mois.

"Mon contrat se termine dans trois jours, je suis repris fin février mais je ne peux pas expliquer ça à Pôle Emploi, ils ne servent à rien du tout. Je ne fais d'ailleurs plus partie de la liste des demandeurs d'emploi, je me suis trompé d’un jour il y a deux mois, je l’ai faite le 15 au lieu du 16. Cela ne m’étonne pas que les chiffres du chômage baissent", tacle Christophe.

G.D.